Monaco a récemment célébré sa fête nationale le 19 novembre, un événement marquant pour la principauté. Alors que les festivités se sont déroulées dans un climat d’unité autour de la famille princière, une annonce politique du prince Albert II a suscité des réactions controversées : il a bloqué le processus de légalisation de l’avortement.
Le prince Albert II bloque la légalisation de l’avortement
La veille des célébrations, le prince Albert II a informé les Monégasques qu’il ne donnerait pas suite à un projet de loi visant à assouplir les règles concernant l’**interruption volontaire de grossesse (IVG)**.

Ce texte, déposé en mai dernier par le Conseil National, prévoyait d’autoriser l’IVG jusqu’à 12 semaines, et jusqu’à 16 semaines en cas de viol. De plus, le projet visait à abaisser l’âge du consentement parental pour recourir à cette procédure à 15 ans, contre 18 ans auparavant. Dans une déclaration accordée au quotidien Nice Matin, le prince a souligné que « _la religion catholique est au cœur de Monaco et de ses institutions_ ».
Il a ajouté : « _J’estime que le cadre actuel respecte ce que nous sommes au regard de la place qu’occupe la religion catholique dans notre pays_ tout en garantissant un accompagnement sûr et plus humain. On a eu une longue séance avec le gouvernement au Palais, et je lui ai demandé d’informer le Conseil national qu’il ne sera pas donné suite à sa proposition de loi. »
IVG à Monaco : un acte toujours passible de prison
Le refus du prince maintient donc une législation parmi les plus strictes d’Europe concernant l’accès à l’IVG.
Depuis 2009, Monaco n’autorise cette procédure que dans des cas extrêmes comme ceux liés aux violences sexuelles ou lorsque la vie de la femme ou celle du fœtus est en danger. Bien que l’avortement ait été décriminalisé en 2019, cela ne signifie pas qu’il soit autorisé sur le territoire monégasque. Selon L’Observateur, la situation reste paradoxale : « _aucun médecin exerçant à Monaco ne peut aujourd’hui pratiquer une IVG sans encourir une peine de cinq à dix ans de prison_ ».
Le projet proposé par le Conseil National aurait levé ces sanctions pénales tout en sécurisant les conditions pratiques liées aux interventions médicales nécessaires. En conséquence, les femmes doivent actuellement quitter Monaco pour bénéficier d’une IVG médicale, souvent direction France ou Italie. Cette décision du prince Albert II ravive donc les débats autour des droits reproductifs sur le Rocher et laisse entrevoir des perspectives encore incertaines quant aux évolutions possibles près du futur.