Chapô
Dix jours après le vol audacieux des joyaux de la couronne de France au musée du Louvre, la procureure de Paris a annoncé l’interpellation de deux suspects. Ces derniers ont été mis en examen pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs, alors que les bijoux restent introuvables.

Des détails sur le cambriolage
Mercredi 29 octobre, Laure Beccuau, procureure de la République de Paris, a présenté les premiers résultats d’une enquête qui mobilise une centaine d’enquêteurs « jour et nuit ». Le 19 octobre dernier, quatre individus avaient dérobé huit joyaux exposés dans la galerie d’Apollon du musée. Le montant du butin est estimé à 88 millions d’euros.
La procureure a noté que l’enquête avait permis d’établir un total de 189 scellés venant du site du vol et des perquisitions subséquentes. Deux hommes ont été arrêtés le 25 octobre au soir. Le premier suspect, âgé de 34 ans, natif d’Algérie et vivant en France depuis 2010, a été interpellé à l’aéroport Roissy alors qu’il tentait de prendre un vol pour Alger sans billet retour. Le second homme, 39 ans, a été arrêté près de son domicile à Aubervilliers environ quarante minutes plus tard.
Profils des suspects
Les deux suspects étaient déjà connus des services judiciaires. L’Algérien avait précédemment purgé des peines liées à divers vols et délits routiers. Ses traces ADN retrouvées sur un scooter utilisé pendant le casse ont facilité son identification. Son complice a déclaré exercer clandestinement comme chauffeur de taxi et possède également un casier judiciaire pour vols aggravés datant respectivement de 2008 et 2014, ainsi qu’un contrôle judiciaire actif dans une autre affaire.
« Contrairement à ce qui a été dit, cet ADN ne provient ni d’un cheveu ni d’un gilet jaune », a précisé Laure Beccuau lors d’une conférence presse.
Les deux hommes reconnaissent partiellement leur implication dans le cambriolage et sont désormais sous le coup d’une mise en examen pour vol en bande organisée : « L’ensemble des membres de l’équipe n’ayant pas été interpellés… », a-t-elle ajouté sans préciser davantage sur ceux encore recherchés.
Un braquage minutieusement orchestré
L’enquête fait état également d’un minutieux travail effectué autour des vidéosurveillances : elles montrent les voleurs se rendant à un point avant changement de véhicule afin rejoindre le musée. Au moment du braquage, ils portaient des gilets jaunes afin feindre être ouvriers ; selon les images enregistrées, ils brisent une fenêtre puis coupent deux vitrines avec une disqueuse tout juste quelques instants avant leur fuite sur deux scooters vers l’est parisien à 9 h 38.
Aucun visiteur n’a été blessé durant cette opération : « Si l’irruption a pu effrayer. personne n’a évoqué de menaces directes », indique Laure Beccuau.
Les cambrioleurs auraient tenté par la suite d’incendier le camion-nacelle utilisé lors du crime qui était lui-même volé dans le Val-d’Oise quelques jours plus tôt.
Cette affaire continue donc susciter curiosité et émoi parmi la population française envers ces objets emblématiques nationaux.