Un remake controversé : entre plagiat et adaptation
Le film « Running Man », sorti en 1987 avec Arnold Schwarzenegger, suscite des interrogations sur ses origines. En effet, l’œuvre semble fortement inspirée par une nouvelle de Robert Sheckley, « The Prize of Peril ». Alors qu’Hollywood redonne vie à ce concept, la question du plagiat se pose.
L’origine de l’affaire : Robert Sheckley et son œuvre
En 1958, l’écrivain américain Robert Sheckley publie « The Prize of Peril », une courte nouvelle de 30 pages. L’histoire présentée est étonnamment similaire à celle développée plus tard par Stephen King dans son roman « Running Man », qui s’étend sur 300 pages. Ce dernier a été perçu comme ayant enrichi le récit original sans que Sheckley n’engage de poursuite judiciaire.

Savant mélange d’intrigue et d’action, « Le prix du danger » ne voit aucune réclamation juridique car Sheckley avait cédé ses droits en 1980 au producteur français Norbert Saada. Cela pose un contexte intéressant sur les droits d’auteur et leur application dans le domaine cinématographique.
Le film adapté : succès et procès
La version cinématographique française réalisée par Yves Boisset, avec Gérard Lanvin dans le rôle principal, sort en 1983 et rencontre un fort succès avec environ 1,3 million d’entrées. Après avoir tenté de faire connaître cette adaptation à Hollywood via des cassettes vidéo envoyées aux maisons de production américaines, Norbert Saada espère une sortie outre-Atlantique. Cependant, après plusieurs mois de silence radio suivi d’un visionnage du film américain « Running Man », il s’avère que celui-ci n’est rien moins qu’un plagiat.
Après huit ans de procès, il est finalement confirmé que le long-métrage avec Schwarzenegger s’inspire non pas du roman de Stephen King mais bien du travail original de Sheckley.
Une adaptation respectueuse des droits
Le nouveau projet hollywoodien réalisé par Edgar Wright met en avant Glen Powell tout en respectant la trame originale énoncée par Stephen King. Les ayants droit associés à « Le Prix du Danger » ne peuvent donc pas arguer contre lui car selon la loi : « La contrefaçon ne peut résulter de la reprise d’une idée générale ou d’un thème déjà connu ». Ce fait semble offrir une voie dégagée pour la sortie européenne du film actuel semblable dans sa structure narrative.
Mise en perspective : Un héritage littéraire mal compris ?
Cet incident témoigne des complexités liées aux droits d’auteur dans l’industrie cinématographique entre Europe et États-Unis. Parallèlement à cela, Norbert Saada envisageait également financer une série adaptée depuis le premier film d’Yves Boisset ; cet espoir fut étouffé face au nouvel essor du projet ‘Running Man’. Une situation qui rappelle les enjeux éternels entre créativité originale et influences partagées créant ainsi un débat passionnant autour des concepts littéraires portés au grand écran.