Un recueil des chroniques d’Alain Decaux, intitulé « Alain Decaux raconte » et publié aux éditions Perrin, souligne l’importance de la culture populaire dans la transmission du savoir. Historien et membre de l’Académie Française, Decaux a toujours cherché à rendre l’histoire accessible au plus grand nombre par le récit.
Dans ses écrits et émissions télévisées, Alain Decaux a défendu une vision plurielle de l’histoire. Le 10 juillet 1969, lors de la première de son émission sur l’ORTF, il affirmait : « Il y a plusieurs sortes d’histoire comme il y a plusieurs sortes de télévision. Évidemment, il y a l’histoire qui étudie les grands mouvements de peuples et des civilisations… et puis il y a aussi l’histoire qui raconte des histoires ». Sa volonté était claire : rendre l’Histoire vivante.

Ses enfants, Isabelle et Laurent Decaux, soulignent dans la préface du livre que leur père « s’est évertué toute sa vie durant à partir d’un matériau brut… à rendre l’histoire palpable et accessible à des millions de personnes ». Selon lui, un écrivain pouvait atteindre une audience bien plus large qu’un historien. L’importance du choix des mots pour capter le public était primordiale.
Les règles du récit historique
Alain Decaux appliquait trois principes fondamentaux dans sa narration : précision, originalité et concision. Un exemple marquant est celui relatant Bonaparte en 1815 : « Une assemblée parlementaire : les Cinq Cents. hors la loi ! », donnant ainsi vie aux événements historiques majeurs.
Considéré comme un pionnier des podcasts avant même leur invention moderne, il savait allier ambiance sonore et contenu narratif captivant. Décédé en 2008, son approche lui permit d’établir un lien unique avec 38 millions d’auditeurs fascinés par ses récits historiques.
Le 13 mars 1980, lorsqu’il est reçu à l’Académie française, Alain Decaux évoque également les atouts irréfutables de la télévision pour diffuser la culture : « On a parlé souvent des défauts… Mais pourquoi ne pas souligner ses mérites ? ». Pour lui, ce medium était synonyme d’une élévation culturelle populaire essentielle.
En perpétuant cette mission auprès du grand public jusqu’à aujourd’hui avec des personnalités comme Stéphane Bern ou Philippe Collin, le travail de Decaux reste prégnant dans notre paysage culturel actuel.
L’héritage d’Alain Decaux se mesure tant dans son apport culturel que dans sa manière engageante et accessible de redonner vie à notre Histoire collective.