La justice s’intéresse de nouveau à l’affaire Grégory, avec une convocation des grands-oncle et grande-tante du petit garçon, les Jacob, en raison d’une possible mise en examen pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime. Malgré des éléments insuffisants selon le procureur Philippe Astruc, cet acte pourrait relancer cette affaire vieille de près de quarante ans.
Un nouvel élan dans l’affaire
Le mercredi 18 juin 2024, la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Dijon a ordonné un interrogatoire pour Jacqueline Jacob (89 ans) et son mari Marcel Jacob (79 ans). Ce couple appartient à la famille élargie de Grégory Villemin, dont le corps a été retrouvé ligoté et noyé dans la Vologne le 16 octobre 1984. Les avocats des Jacob mènent déjà une bataille juridique autour des accusations portées contre eux. En effet, ils soulignent que « la qualification d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime n’existait pas dans le code pénal de l’époque ».

Jacqueline et Marcel avaient précédemment été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort en 2017, mais cette annonce avait ultérieurement été annulée pour vice procédural.
Un mur du silence persistant
Les enquêteurs font face à un mur du silence, malgré plus de 17.765 pièces dans le dossier ainsi que 492 personnes sous surveillance depuis quatre décennies. Le procureur Philippe Astruc a précisé sur RTL qu’« il n’y a pas, a priori, d’auteur unique », suggérant que « le complot familial est l’hypothèse dominante ».
Martigny études paritaires incluent notamment une analyse stylométrique effectuée par des experts suisses identifiant Jacqueline comme l’autrice présumée d’au moins quatre lettres envoyées au père du défunt avant sa disparition.
Témoignages contradictoires
Les avocats s’opposeront aux conclusions tirées sur ces preuves nouvelles. Ils mettent également en doute les dépositions concernant leur alibi lors de leur présence à Aumontzey aux heures cruciales entourant l’enlèvement.
« Sur les huit témoins pris en compte, deux seulement sont retenus par la cour et se contredisent », souligne Thibaut Solano, auteur du livre « La voix rauque ». Une situation qui renforce encore davantage le flou judiciaire entourant ce dossier emblématique.
D’autres considérations psychologiques semblent éclairer aussi leur comportement passé. La relation tumultueuse entre Jacqueline et Marcel Jacob – souvent décrite comme turbulente dans divers témoignages – pourrait influencer comment leurs motivations sont perçues par les juges.
L’avenir incertain des accusés
Pour l’instant, rien ne confirme si les époux Jacob seront finalement mis en examen ou non. Il est tout autant possible qu’ils ne deviennent que témoins assistés, ce qui offrirait une couverture légale plus protectrice, même si cela laisse toujours courir une toile délicate autour du mystère persisté depuis tant d’années sur ce cas tragique.