Le Premier ministre François Bayrou a annoncé, mardi, son intention de supprimer « deux jours fériés », mentionnant spécifiquement le « lundi de Pâques » et le « 8 mai ». Cette mesure vise à trouver plus de 40 milliards d’euros pour le futur Budget. Sa proposition suscite des réactions vives au sein de l’opposition, mais ces jours chômés ont eu une histoire complexe.
**Un poids historique pour le lundi de Pâques** Le lundi de Pâques est jour férié en France depuis la loi du 8 mars 1886, bien qu’il ait connu différentes appellations dans le passé. Au Moyen Âge, c’était toute la semaine suivant Pâques qui était déclarée fériée. En 1801, Napoléon instaura ce jour comme Lundi Férié dans un esprit de compromis entre l’Église et l’État, réduisant ainsi l’octave pascale à une seule journée.

**Evolution du 8 mai au fil des décennies** En ce qui concerne le 8 mai, date symbolique qui marque la fin de conflit armé majeur, son statut n’a pas toujours été celui d’un jour férié. Après la guerre en 1945, il devint une journée commémorative en 1946 seulement si elle tombait un dimanche. C’est sous la pression des anciens déportés que cette date fut reconnue comme jour férié en 1953.
qui remplaça cette commémoration par une « Journée de l’Europe », cette date fluctuate pendant plusieurs années. Ce n’est qu’en 1981, sous François Mitterrand, que le 8 mai prit son statut officiel comme jour férié honorable envers les combattants morts durant la Seconde Guerre mondiale. La proposition présentée par François Bayrou soulève donc non seulement des questions financières mais aussi historiques sur l’identité culturelle et mémoriale française aujourd’hui.