Un parlementaire en situation de handicap fait bouger les lignes à l’Assemblée
Sébastien Peytavie, premier député français en fauteuil roulant, a exprimé avec fermeté ses préoccupations lors d’un débat sur la réforme des retraites en novembre 2023. Cette intervention remarquable souligne les défis auxquels il est confronté au sein d’une institution encore peu adaptée aux personnes en situation de handicap.
Élu sous la bannière Génération, Sébastien Peytavie a commencé son mandat en été 2022, conscient des obstacles qui l’attendaient. À peine arrivé à Paris, il reçoit un message précisant que l’Assemblée n’est « pas adaptée » à sa condition. Les difficultés commencent dès l’entrée : pour accéder à l’hémicycle, il doit emprunter un chemin détourné incluant un monte-charge difficilement accessible sans assistance.

« Au début de mon premier mandat, j’ai été hospitalisé six mois », raconte-t-il. Cela a permis aux services de supprimer la marche menant à son siège dans l’hémicycle. Son parcours a donné lieu à plusieurs adaptations au sein du Palais-Bourbon.
Amélioration des conditions d’accès
Dans cette démarche d’amélioration des conditions d’accès, Sébastien Peytavie lutte pour faire évoluer les mentalités et les infrastructures. Il se fait le porte-parole d’une cause qu’il défend ardemment : « On ne devrait pas adopter un texte sans avoir fait une étude d’impact sur les personnes en situation de handicap ». Sa détermination a conduit à quelques avancées significatives, comme la fin symbolique du vote par « assis-levé » qui excluait les élus incapables de se lever et au remboursement intégral des fauteuils roulants en France.
Loi d’accessibilité de 2005
Concernant la loi d’accessibilité de 2005 dont le bilan est attendu prochainement, moins de la moitié des établissements recevant du public sont adaptés selon Sébastien Peytavie : « On ne fait pas le bilan, mais pour la première fois on va intégrer dans un rapport les témoignages des gens ». Avec cela continue son plaidoyer pour « l’accessibilité universelle », il propose notamment que « les manuels soient écrits dans une police adaptée aux dyslexiques ». Bien que Sébastien Peytavie ait envisagé une candidature à la vice-présidence de l’Assemblée nationale, remplacement potentiel de Yaël Braun-Pivet, il y a finalement renoncé car le perchoir n’est pas accessible aux fauteuils roulants.
Combat pour l’accessibilité
Le député incarne aujourd’hui un combat essentiel pour faire progresser l’accessibilité et représenter ceux qui ont longtemps été laissés pour compte dans le dispositif législatif français.