Le 29 mai 1825, Charles-Philippe de France, comte d’Artois, est couronné roi sous le nom de Charles X lors d’un cérémonial grandiose à la cathédrale de Reims. Huit mois après la mort de Louis XVIII, ce sacre marque une tentative remarquable de restaurer les fastes royaux d’antan, malgré des moyens financiers colossaux.
Un défi organisationnel
Le ministre de la Maison du roi, le duc de La Rochefoucauld-Doudeauville, dispose d’un budget impressionnant : dix millions de francs (l’équivalent d’environ trente millions d’euros aujourd’hui). Il doit tout recréer en l’absence de documentation conservée depuis le dernier sacre royal en 1774 pour Louis XVI. Ainsi, des milliers d’artisans sont mobilisés pour réaliser cet événement historique.

Une entrée majestueuse et un décor resplendissant
Le cortège royal fait son entrée à Reims les 28 et 29 mai dans une berline incrustée d’or et conduite par huit chevaux ornés de plumes. Le jour du sacre, malgré la pluie battante qui arrose la ville dès l’aube, environ 700 invités, dont des personnalités telles que Victor Hugo et Chateaubriand, assistent à cette imposante cérémonie. L’intérieur somptueusement décoré de la cathédrale est orné de velours et soie tandis que la voûte peinte évoque un ciel étoilé.
Les rites sacrés
Au cours du rituel cérémoniel actualisé, Charles X prête serment « de gouverner conformément aux lois du royaume » avant l’onction par Jean-Baptiste de Latil avec « la sainte huile » qui consacre sa légitimité divine. Sur sa tête repose ensuite la couronne dite « de Charlemagne », recréée après sa destruction lors des événements révolutionnaires.
Un banquet somptueux
La journée se termine par un banquet luxuriant au palais du Tau où les couverts dressés atteignent 7 000, utilisant des porcelaines précieuses fabriquées à Sèvres. Ce festin se prolonge sur cinq jours.
Une exposition commémorative inédite
Présentée jusqu’au 20 juillet, elle permet aussi aux visiteurs d’explorer une reconstitution délicate qui rappelle l’atmosphère mythique ayant enveloppé cette cérémonie symbolique.
L’exposition offre ainsi un regard nouveau sur cette page méconnue de notre histoire nationale, celle plus flamboyante mais synonyme également des tensions politiques inhérentes à cette époque tumultueuse.