Un outil de transformation sociale et économique
Le téléphérique de La Paz, inauguré en 2014, révolutionne les déplacements urbains en Bolivie. Transportant chaque semaine 200 000 usagers sur dix lignes s’étendant sur plus de 30 kilomètres, il a considérablement réduit le temps de transport entre La Paz et El Alto. Ana Roberta, commerçante de 51 ans, utilise quotidiennement ce moyen de transport pour relier les deux villes. « J’ai plus de temps pour m’occuper de mes petits-enfants ! », se réjouit-elle, évoquant la réduction du trajet d’une heure à seulement 15 minutes grâce au téléphérique. Selon une étude réalisée par la Banque interaméricaine de développement, les passagers économisent en moyenne 22% sur leur temps de transport. Dans un pays où 36% des habitants vivent avec moins de deux euros par jour, cette amélioration est loin d’être anodine.
Un symbole du développement d’El Alto
Érigé sous l’administration de l’ancien président Evo Morales (2006-2019) par une entreprise austro-suisse, le téléphérique contribue à désenclaver El Alto. Autrefois perçue comme une cité-dortoir peu attrayante, cette ville compte désormais plus d’habitants que La Paz et poursuit son extension vers l’altiplano chaque année. Depuis sa création il y a quarante ans, El Alto attire des vagues migratoires venant des Andes à la recherche d’opportunités professionnelles. Aujourd’hui considérée comme la plus grande ville indienne au monde, elle abrite principalement des descendants des Incas appelés Aymaras. Longtemps ignorée des circuits touristiques classiques, El Alto fait maintenant partie intégrante des itinéraires recommandés par les agences spécialisées. Les visiteurs peuvent admirer ses trois cents marchés ou explorer ses célèbres cholets, flamboyantes constructions inspirées par les traditions architecturales et colorées aymaras, tout en profitant d’une vue panoramique époustouflante depuis le téléphérique qui surplombe également le mont Illimani, culminant à 6 438 mètres, qui veille majestueusement sur la capitale bolivienne. L’infrastructure du téléphérique ne représente pas seulement un progrès dans les transports publics mais symbolise également un changement socio-économique majeur dans une région autrefois marginalisée. Ce projet transforme progressivement La Paz et El Alto en pôles dynamiques attirant aussi bien les résidents que les touristes.
