Thierry Ardisson : un autoportrait audacieux dans un cercueil en 2005
En 2005, Thierry Ardisson a fait sensation en posant pour « Paris Match » dans un cercueil, à l’occasion de la sortie de sa deuxième autobiographie intitulée « Confessions d’un baby-boomer ». Cette séance photo au cimetière du Père-Lachaise visait à contrer les critiques qui l’accusaient de s’être embourgeoisé.

Le 29 août 2005, Thierry Ardisson, âgé de 56 ans, se glisse dans le cercueil qu’il a minutieusement choisi. Détails comme le type de bois et la couleur des capitons ont été déterminés par ses soins. La scène est immortalisée par Hubert Fanthomme, qui se remémore avec amusement le soin apporté à rendre cette mise en scène réaliste. « Juché en haut d’un escabeau, je me souviens de nos éclats de rire ainsi que du soin que nous avons pris à rendre sa position de mort la plus crédible possible », explique-t-il.
Cette photographie est devenue emblématique pour Ardisson lui-même. Il affirmait souvent qu’elle était l’une des préférées parmi toutes les photos réalisées pour « Paris Match ». Le moment était si décalé qu’il lui arriva même de s’endormir quelques instants dans son sarcophage.
Elle peut être interprétée comme un reflet d’une personnalité fascinée par la mort mais cherchant à la tourner en dérision. Sur son rapport avec celle-ci, il avait déjà pris conscience des limites physiques dues aux excès et n’hésitait pas à souligner son mépris des conventions établies.
À peine sorti du cercueil, il lance une phrase marquante à l’un des employés des pompes funèbres : « On ne doit pas avoir l’occasion de vous le dire, mais je vous l’affirme, il est très agréable votre cercueil ».
Lors d’une interview ultérieure sur ce cliché inoubliable, il a partagé ses souhaits concernant ses compagnons idéaux dans l’au-delà : « Où que j’aille, j’espère bien retrouver Denise Glaser et François Chalais, John Lennon et George Harrison, Paul Morand et Alain Pacadis. Que Dieu – auquel il croyait fermement – l’entende ».
Finalement, ce geste artistique restera comme un symbole fort d’un homme qui a su jouer jusqu’au bout avec les codes sociaux tout en dévoilant une part pragmatique face à sa propre mortalité.