Un bon timing peut être lucratif : des annonces stratégiques pourraient hausser les salaires des dirigeants

Déménagements d’options et opportunisme : les chefs d’entreprise à la croisée des chemins

Une analyse de plus d’une décennie sur les données de rémunération des dirigeants révèle que certains chefs d’entreprise pourraient manipuler le calendrier des annonces pour maximiser leurs gains lors de l’attribution d’options d’achat d’actions. Ce phénomène, dénommé « Options d’opportunisme », soulève des questions sur la transparence et l’éthique au sein des sociétés cotées.

Un bon timing peut être lucratif : des annonces stratégiques pourraient hausser les salaires des dirigeants

Le mécanisme des options

Les options d’achat d’actions permettent aux employés, y compris les dirigeants, de racheter des actions à un prix fixe lors de leur attribution. Ces instruments sont censés inciter les dirigeants à faire croître la valeur de l’entreprise. Cependant, suite au scandale lié aux options falsifiées dans les années 2000 qui avait touché Myriad Genetics, beaucoup ont commencé à planifier ces attributions longtemps à l’avance.

Cette anticipation a ouvert la porte à une nouvelle stratégie : chronométrer les annonces importantes autour de ces dates fixes pour influencer le cours des actions. Les entreprises peuvent ainsi divulguer une mauvaise nouvelle avant une attribution pour faire baisser le cours ou une bonne nouvelle après pour le faire monter.

Des modèles inquiétants identifiés

Robert Schonlau, professeur de finance à Colorado State University et coauteur d’une recherche en 2018 sur ce sujet, indique : « Statistiquement, il n’y a aucun moyen que ce modèle soit un accident » et évoque cette pratique comme étant « Opportunisme des options ».

Deux approches principales

L’opportunisme se manifeste principalement sous deux formes :

  1. La manipulation par « Dodging Bullet », où les mauvaises nouvelles sont publiées avant l’attribution.
  2. L’attente stratégique (« chargement de printemps »), où on retarde les bonnes nouvelles jusqu’à juste après la date.

Ces méthodes permettent aux dirigeants non seulement d’éviter que les mauvaises nouvelles affectent leur propre rémunération mais aussi potentiellement bien valoriser leurs attributions grâce aux annonces positives ultérieures.

Un panorama chiffré

Chaque subvention auprès du S&P 500 entre 2012 et 2023 a été scrutée avec minutie par BI en collaboration avec Equilar afin de cerner du changement significatif dans le cours des actions autour des dates clés. Cette étude a révélé qu’il existe effectivement un modèle parmi plusieurs grandes entreprises récompensant massivement leurs PDG avec ces options.

Les statistiques montrent qu’une majorité affichait un constat alarmant : baisse notable précédant l’attribution suivie chaque fois par une montée selon un schéma prévisible.

Action réglementaire limitée

En réponse aux abus potentiels observés dans ce domaine, la SEC a tenté divers moyens depuis 2021 pour réduire cette problématique en imposant plus strictes règles qui doivent être respectées par toutes entreprises concernées concernant tout procès-verbal relatif au partage informatif après ou pendant cette fenêtre temporelle critique liée aux subventions. Toutefois, aucune mesure efficace contre violations passées n’a encore été enregistrée selon BI. Sven Riethmueller, professeur agréé clinique à Yale Law School, admet avoir peu confiance envers ces changements trop tardifs ; alors que certains pensent que cela pourrait in fine pousser vers moins invasif échanges informationnels.

Face à cette situation préoccupante soulevée par cet article révélateur, reste déterminante savoir comment agir davantage continuellement entre exigences réglementaires visant l’éthique corporate installée.

Passionné de sport et grand fan de la NBA je m’intéresse autant aux grands événements internationaux qu’aux histoires humaines qui se jouent en coulisses. Curieux et amateur de voyages, j’aime transmettre l’énergie et les émotions qui font vibrer le monde du sport.