Bernard Montiel s’est ouvert sur son enfance difficile lors de son apparition dans l’émission « Quelle époque » le 29 mars. Originaire du Maroc, il a été confronté au racisme et à des déracinements émotionnels, témoignant de son expérience douloureuse en tant qu’immigré à Bordeaux. Son récit met en lumière les défis liés à ses origines, y compris un épisode marquant lié à sa première histoire d’amour.
Bernard Montiel évoque ses souvenirs d’enfance à Bordeaux
Né le 24 février 1957 à Casablanca, Bernard Montiel a grandi à Bordeaux, après que sa famille ait émigré au Maroc. Sa mère a éprouvé un grand chagrin face à ce déracinement. Il déclare : « C’était très violent parce qu’on a toujours connu le soleil, le plaisir, le pays merveilleux qu’est le Maroc ». La nostalgie pour son pays natal est toujours présente dans ses pensées.

La ville de Bordeaux ne lui offrait pas la même chaleur que celle qu’il avait connue au Maroc. Bernard partage : « On était à Bordeaux, qui est une très belle ville, mais il pleuvait beaucoup ». Pendant cette période agitée de l’histoire française liée aux histoires d’OAS et aux rapatriés, il se souvient également des difficultés relationnelles avec les autres enfants.
Les expériences traumatisantes dues au racisme ont marqué sa vie
Le parcours de Bernard Montiel n’a pas été épargné par des humiliations liées au racisme. En partageant son vécu personnel lors de l’émission, il confie : « Toute ma vie, on m’a traité de sale arabe ».
Au-delà des insultes subies pendant son enfance, ces préjugés ont failli affecter sa scolarité. Il raconte avoir demandé discrètement à sa professeure : « S’il vous plaît, ne dites pas que je suis né au Maroc », craignant pour sa sécurité pendant les récréations.
Un refus amer lors d’un premier rendez-vous amoureux
Un autre moment impactant fut alors qu’il tombait amoureux d’une jeune fille bourgeoise bordelaise nommée Michelle. Leur romance naissante fut entachée lorsqu’il tenta d’assister à une fête chez elle. Malheureusement pour lui, il se retrouva confronté au rejet symbolisé par une élégante dame qui s’exclama : « Je sais très bien qui vous êtes, vous n’êtes pas le bienvenu », avant de fermer la porte devant lui sans hésitation.
Cet événement inexprimable laissa Bernard profondément blessé et marqua durablement son adolescence.
Des blessures émotionnelles difficiles dont il continue de ressentir les effets
Après ce refus cuisant qui eut lieu lors du premier anniversaire auquel il était invité en dehors du cadre familial modeste où il avait grandi tout en vivant heureux dans un HLM et sortant avec la fille du patron des douanes, Bernard Silhouette se rappelle avoir pris un Solex pour rentrer chez lui ; un chemin pénible qui fut synonyme d’un retour difficile chargé d’émotions désolantes comme il relate aussi avec amertume : « J’ai tellement pleuré que je suis tombé ».
Ses efforts constants visant à être accepté socialement furent façonnés par cette douleur insurmontable occasionnée par l’exclusion liée aux préjugés ethniques dont tant font encore l’expérience aujourd’hui.
Avec sincérité et vulnérabilité partagées lors de cette intervention télévisuelle poignante où toutes ces expériences sont clairement mises en lumière signifient plus que jamais combien les biais culturels peuvent durcir ou influencer nos vies individuelles malgré nous; une réalité tristement encore valide aujourd’hui dans divers contextes sociaux contemporains concernant certains groupes marginalisés ou minorisés.