Chapô : Les séries de l’été, telles que « L’Été où je suis devenu joli », remettent en lumière un phénomène croissant dans le divertissement : les triangles amoureux entre frères. La popularité de ce trope soulève des interrogations sur la nature du récit moderne et ses répercussions émotionnelles.
Une tendance marquée par les triangles amoureux
Tous les mercredis pendant cet été, les fans de la série à succès Amazon Prime, « L’Été où je suis devenu joli », suivent l’héroïne Isabel « Belly » Conklin, interprétée par Lola Tung, dans son dilemme amoureux complexe. Elle doit choisir entre Conrad Fisher (Christopher Briney), un étudiant en médecine qui travail sur sa confiance personnelle, et Jeremiah Fisher (Gavin Casalegno), un jeune homme charismatique mais peu fiable. Ces choix sont d’autant plus délicats qu’il s’agit de deux frères.

Cette dynamique de rivalité fraternelle s’inscrit dans une tendance plus large que l’on pourrait appeler « Peak Brother-Bucker Summer ». Bien au-delà d’un simple affrontement romantique, ces récits exploitent une fascination pour le tabou familial. Introduit pour la première fois en 2009 avec le livre de Jenny Han, cette intrigue a vu une prolifération depuis lors avec des œuvres comparables telles que We Were Liars et My Life with the Walter Boys, ainsi que la dernière saison du White Lotus
Un contexte historique riche
Les histoires centrées sur des rivalités amoureuses entre frères ne sont pas nouvelles. Des classiques comme The Vampire Diaries ou One Tree Hill reposent également sur ce même schéma. Même des œuvres littéraires anciennes telles que Les petites femmes d’Louisa May Alcott explorent ces thèmes complexes et chargés émotionnellement.
Le lien fraternel introduit une dimension tragique aux choix romantiques, car quel que soit celui ou celle qui est choisi(e), les protagonistes demeurent liés par le sang. Cela engendre des situations potiellement maladroites lors d’événements familiaux majeurs.
Des questions soulevées autour de cette résurgence
Cette tendance amène à se questionner sur ses origines. Est-ce dû à un désengagement amoureux chez la génération Z ? Ou serait-ce le résultat d’une création télévisuelle à court terme visant à balayer rapidement les intrigues ? Plusieurs analystes suggèrent qu’un moratoire sur ce type de récits pourrait être nécessaire afin d’évaluer entièrement leur impact sur le public.
La saturation actuelle du marché est inquiétante ; bien que ces récits puissent susciter un intérêt initial, ils risquent finalement d’ennuyer les téléspectateurs avec leur répétition excessive.
Une réflexion nécessaire
Face à cette exploitation perméable du trope fraternel dans diverses productions estivales, il apparaît essentiel pour les créateurs de contenu audiovisuel d’explorer davantage divers mécanismes dramatiques au lieu de reposer systématiquement leurs intrigues sur ces dynamiques familiales compliquées. Alors qu’ils peuvent ajouter une profondeur émotionnelle inestimable lorsque utilisés intelligemment, trop fréquents risques d’appauvrir considérablement l’expérience visuelle du public.
La mise en avant continuelle des relations fraternelles conflictuelles comme trame principale pourrait conduire à une désaffection générale envers ce type particulier de narratif avant même qu’il n’atteigne son apogée dans l’industrie du divertissement actuel.