Jacques Legros, figure emblématique du journalisme télévisé en France, s’apprête à tourner une page majeure de sa carrière. Le 9 mai, il présentera son dernier Journal Télévisé de 13 heures sur TF1, mettant ainsi un terme à près de 27 années de présence régulière sur la première chaîne d’Europe. À l’occasion de cette transition marquante, il évoque également la présence discrète mais constante de sa compagne Valérie, qu’il décrit comme un pilier dans sa vie personnelle depuis près de deux décennies. Leur mariage, célébré en 2006, est le symbole d’un amour construit à l’abri des regards, loin de l’exposition médiatique que connaît le journaliste.
Arrivé sur TF1 en 1998 en tant que joker de Jean-Pierre Pernaut, Jacques Legros s’est imposé au fil des années comme une figure incontournable du paysage audiovisuel français. Sa voix posée, son ton mesuré et son professionnalisme ont su séduire un public fidèle, qui l’a vu évoluer pendant près de trois décennies. Avant cette ascension, Legros avait fait ses armes dans la presse écrite, notamment dans la PQR (presse quotidienne régionale), puis à la radio, où il affine son style et son aisance à l’antenne. Son passage à la télévision, d’abord comme remplaçant, s’est transformé en une carrière à part entière, bâtie sur la constance, la rigueur et une rare longévité dans un paysage médiatique en perpétuelle mutation.
En parallèle de ses rendez-vous réguliers au JT, Jacques Legros s’est illustré dans plusieurs formats d’information et de magazine. Il coanime, avec Carole Rousseau, Les 30 histoires les plus spectaculaires, une émission populaire mêlant faits divers et récits hors norme, qui rencontre un large succès. Il participe aussi à 7 à 8 et Le Droit de savoir, émissions-phare du groupe TF1, qui lui permettent de sortir du cadre strict du journal télévisé et d’explorer des formats plus narratifs, parfois plus engagés. Cette diversification de ses interventions à l’antenne renforce sa notoriété et confirme son statut de journaliste complet.
Une décision mûrie, un départ librement choisi
C’est donc avec une certaine émotion que Jacques Legros a annoncé son départ. Une décision mûrement réfléchie, qu’il assume avec lucidité : « Ça n’a pas été facile de prendre cette décision. Ça faisait un moment que ça trottait dans ma tête. Je voulais avoir cette liberté de choix », a-t-il confié dans les colonnes d’un journal local. À 72 ans, il souhaite quitter l’antenne « quand tout va plutôt bien » et préserver intact le plaisir qu’il prend à exercer ce métier. Il refuse de s’accrocher à son fauteuil ou de se conformer à des pressions extérieures. Son départ, loin d’être un abandon, apparaît plutôt comme un choix personnel assumé, celui de céder la place avec élégance.
La chaîne TF1, de son côté, a choisi Isabelle Ithurburu pour prendre le relais dès l’été 2025. Ancienne journaliste sportive et animatrice reconnue, elle a notamment brillé lors de la Coupe du Monde de Rugby en 2023. Son professionnalisme, son aisance à l’écran et sa popularité croissante la placent comme une candidate idéale pour incarner une nouvelle ère du JT de 13 heures. Elle devra pourtant relever un défi de taille : succéder à un visage qui, pour des millions de Français, est devenu une habitude, voire une présence quotidienne rassurante.

Valérie, l’ancrage discret d’une vie bien remplie
Dans l’ombre de ce long parcours médiatique, Valérie, l’épouse de Jacques Legros, est restée volontairement en retrait. Depuis leur rencontre au début des années 2000, elle a choisi de ne jamais apparaître publiquement, ni d’accorder d’interview. Leur union, officialisée en 2006, témoigne d’un choix de vie équilibré entre exposition publique et discrétion privée. Ensemble, ils ont un fils, Gabriel, né en 2005, décrit par son père comme un garçon « à haut potentiel intellectuel », une singularité qui fait leur fierté. Gabriel vit entre la musique, les mathématiques et une curiosité vive, tandis que Tatiana, la fille aînée de Jacques Legros née d’une précédente relation, entretient également des liens solides avec ce foyer recomposé.
Le journaliste ne cache pas l’importance de ce cocon familial dans son parcours. Valérie, selon ses confidences, a toujours été d’un soutien indéfectible, surtout lors des périodes de doute ou de surcharge professionnelle. Elle a su comprendre les exigences du métier, les horaires atypiques, les urgences de l’actualité, tout en maintenant une stabilité familiale essentielle. Ce duo discret mais soudé est l’une des clés de l’équilibre personnel du journaliste, qui a su garder les pieds sur terre malgré la notoriété.
Alors que s’achève ce chapitre important de sa vie, Jacques Legros laisse derrière lui un héritage professionnel salué par ses pairs et apprécié par des millions de téléspectateurs. Son départ n’est pas un retrait du monde, mais l’ouverture à de nouveaux projets, sans doute plus personnels, loin des projecteurs mais toujours guidés par la même curiosité du monde et le goût du contact humain. Son visage manquera à l’écran, mais son empreinte, elle, restera durable dans l’histoire du journalisme télévisé français.