Avec l’aimable autorisation de Valerie Mantelli
Bienvenue dans le récit poignant de la famille Mantelli, qui s’est installée en Caroline du Sud après avoir quitté New York. Cinq ans plus tard, ils se livrent à une réflexion sur leur sentiment d’isolement et sur les défis que représente leur intégration dans un nouvel environnement.

Ressentir un décalage dans une nouvelle vie
La décision de déménager n’a pas été facile pour Valérie Mantelli et sa famille.
Après des années passées à New York, ils ont cherché une vie différente, attirés par les attraits de la Caroline du Sud. Bien que beaucoup d’aspects aient été positifs, ils continuent de sentir qu’ils ne trouvent pas leur place : « Nous nous sentons toujours hors de propos ». Arrivés avec deux enfants âgés respectivement de 10 et 12 ans, l’intégration a été complexe.
Les activités sociales ont naturellement diminué alors que leurs enfants grandissaient, ce qui rendait plus difficile le lien avec d’autres parents.
L’impact isolant de la pandémie
Peu après leur déménagement, la pandémie Covid-19 a exacerbé les difficultés d’intégration. « Pour une famille comme la nôtre qui avait à peine une chance de déballer avant d’être verrouillée, c’était incroyablement isolant ».
Le passage à l’enseignement à distance pendant environ un an a privé leurs enfants d’opportunités limitées pour se faire des amis. Alors que le temps passé ensemble en famille a été bénéfique au regard des circonstances exceptionnelles apportées par le Covid, cela ne suffit pas à contrebalancer le manque cruel de connexions sociales.
Différences culturelles et religieuses
Le parcours vers l’amitié est également entravé par des différences religieuses marquées.
La majorité des familles rencontrées fréquentent principalement des églises baptistes ou méthodistes alors que Valérie et son mari sont moins engagés spirituellement. Le fait d’être ajoutés aux cercles universitaires tenus autour de ces institutions renforce encore davantage leur sentiment d’aliénation : « Nos enfants n’ont pas été élevés avec la religion. alors ils ont dit qu’ils ne sont pas à l’aise ». Derrière ces divergences se cache cependant un désir évident d’appartenir quelque part ; malgré tout cela contribue au sentiment global d’éloignement éprouvé.
Une absence familiale pesante
La séparation géographique ressentie – ayant entraîné une distance accrue avec leurs familles élargies – concerne profondément cette famille proche habituée aux réunions fréquentes entre personnes chères. Au cours des cinq dernières années, plusieurs événements tendres leur ont échappé : décès familier ainsi que célébrations importantes étaient laissés derrière eux en raison des 800 miles qui les séparent : « Il est difficile de se sentir chez soi ici lorsque les gens que nous aimons ne sont pas à proximité ». Et même si un dernier enfant entame maintenant son parcours universitaire local avec espoir quant à ses études futures en Caroline du Sud – conditionnant ainsi potentiellement plusieurs années supplémentaires loin du foyer new-yorkais -, Valérie Maintiens l’idée qu’un futur déménagement serait envisageable si “cela pourrait aider” à renforcer enfin ce lien manquant peut-être tant recherché jusqu’alors.
Dans ce contexte délicat mêlant nostalgie et adaptation face aux mutations sociétales engendrées par ces bouleversements personnel-amoureux-travail-autour; ceux-ci soulignent combien il demeure essentiel aujourd’hui encore parfois dépasser exclusivement repérages matériels pour appréhender fondamentalement socialement ce domicile rêvé semblant inaccessible depuis trop longtemps…