Une vidéo truquée générée par intelligence artificielle, diffusée sur les réseaux sociaux, a semé la confusion concernant le retrait de Catherine Connolly de la course présidentielle irlandaise. Cet incident survient alors que des préoccupations similaires se manifestent ailleurs en Europe.
Une fausse annonce électorale
Une fausse vidéo mettant en scène la candidate Catherine Connolly annonçant son retrait de la présidentielle irlandaise a fait surface sur les réseaux sociaux. Présentée sous forme d’un bulletin d’informations ressemblant à celui de RTÉ, cette séquence incluait de faux présentateurs qui commentaient ce qu’ils présentaient comme une « décision » majeure de la candidate. La mise en scène était si crédible qu’elle a engendré un certain flou autour du véritable statut de Connolly avant que la supercherie ne soit démentie.

La vidéo reproduisait le style et le ton caractéristiques de Sharon Ní Bheoláin, journaliste à RTÉ, rapporte Politico. Par ailleurs, d’autres vidéos trompeuses circulaient également, certaines attaquant directement Catherine Connolly tandis que d’autres évoquaient des bulletins annulés.
Note how realistic the visuals and voices are.This AI deepfake video of Catherine Connolly ‘withdrawing’ from presidential contest and that Friday’s poll is ‘cancelled’ is live and viral on Facebook tonight.1000s watching, commenters believing it.We knew this would happen.
2025
Mesures prises contre l’ingérence électorale
Face à cette situation inquiétante, Meta a pris l’initiative de supprimer plusieurs vidéos concernées pour avoir violé ses politiques anti-ingérence électorale. Une chaîne YouTube diffusant ces contenus controversés a également été fermée selon les informations fournies par RTÉ. Cependant, Google n’a pas encore répondu aux sollicitations médiatiques sur ce sujet.
Réactions européennes face aux nouvelles technologies
A Bruxelles, la Commission européenne suit l’affaire « en lien avec les autorités irlandaises ». Un porte-parole a rappelé que sous le Digital Services Act (DSA), les grandes plateformes ont une obligation légale : garantir l’intégrité des élections au sein de l’Union européenne.
Pendant ce temps aux Pays-Bas, un rapport publié par l’autorité locale de protection des données alerte sur des usages similarités des chatbots intelligents auprès des électeurs pour choisir leur candidat à quelques jours des élections législatives du pays. L’étude suggère que ces outils d’aide à l’information tendent plutôt à favoriser les partis politiques les plus polarisés au détriment de formations centristes moins extrêmes.
Cet incident soulève ainsi un débat crucial concernant l’impact croissant des technologies basées sur l’intelligence artificielle dans le domaine politique et souligne la nécessité d’une régulation adaptée pour protéger démocratiquement nos choix électoraux.