La renaissance d’un classique : « Amours chiennes » en version restaurée
« Amours chiennes », le premier film du réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu, fait son retour sur les écrans dans une version restaurée. Ce film emblématique, qui a marqué une génération grâce à son style novateur, est encore vivant 25 ans après sa sortie initiale. À cette occasion, Iñárritu revient sur son expérience et les influences qui ont jalonné son parcours.
Les influences de « Amours chiennes »
Dans un échange avec Paris Match, Iñárritu évoque les inspirations derrière sa création. Il cite notamment le film « Yol » de Yilmaz Güney qui l’a fortement marqué au moment de la réalisation. Le cinéma naturaliste de « Midnight Cowboy » et « Happy Together » de Wong Kar-wai figurent aussi parmi ses références.
Le réalisateur explique que le film est un mélange de récits entrecroisés : « Nous avons rassemblé plusieurs scénarios en un film à sketchs pour n’en faire qu’une même histoire ». L’œuvre se concentre sur le chaos humain et comment nos motivations peuvent nous échapper, ce qui devient un thème récurrent dans sa filmographie.
Une société mexicaine vibrante
Iñárritu souligne également l’importance du contexte socioculturel dans lequel s’inscrit « Amours chiennes ». Selon lui, la ville de Mexico est bien plus qu’un simple décor : « C’est un état d’esprit […] Tout y est plus expressif, vivant, à cran, violent ». L’objectif était que le public ne voit pas seulement le Mexique mais qu’il puisse aussi le ressentir.
Le succès inattendu
À l’époque de sa sortie, le réalisateur confie avoir vécu avec distance le succès retentissant du film : « Je n’avais aucune expérience pour comprendre ce qui est arrivé […] je mesure enfin la chance que j’ai eue ». La révélation lors du Festival de Cannes a joué un rôle crucial ; bien qu’éjecté au départ par la sélection officielle pour sa violence jugée excessive, il a finalement obtenu le Grand Prix grâce à José Maria Riba.
Pour Iñárritu, cet événement a été marquant : « C’est là qu’a eu lieu l’explosion. Le destin chamboulé ! ».
Hollywood comme refuge
Après succès international du film, Alejandro González Iñárritu a poursuivi avec ses œuvres hollywoodiennes telles que « 21 Grammes » et « Babel ». Confronté à une montée insupportable de la violence au Mexique, il révèle que ses parents ont été agressés, il ressentait alors la nécessité d’évoluer vers Hollywood plutôt que comme un rêve inaccessibile.
Il précise : « Au Mexique à ce moment-là, il y avait 5 à 7 films produits par an. C’était un désert en matière de cinéma ».
Une nouvelle vague cinématographique
Avec ses pairs Alfonso Cuarón et Guillermo Del Toro, Iñárritu fait partie d’une génération florissante au Mexique aux lendemains des années 80. Il décrit cette période comme celle où ils pouvaient accéder divers courants cinématographiques mondiaux plutôt que simplement se cantonner au cinéma américain traditionnel.
L’intérieur d’Hollywood lui semble être paradoxal aujourd’hui ; malgré une tendance vers des productions formatées dominées par les profits annuels calculés par algorithmes marketing qui remplacent souvent l’émotion narrative traditionnelle.
Iñárritu ajoute cependant qu’il existe toujours des réalisateurs produisant des œuvres profondes et significatives dans cet environnement difficile :
“C’est très contradictoire.”
Un avenir incertain mais prometteur
Enfin, concernant son prochain projet avec Tom Cruise dont peu d’informations ont filtré jusqu’à présent,s’attend vivement tout en avouant juste une nature comique originale :
“Que c’est une comédie […] vous ne vous attendez pas du tout à ce que vous allez voir !”
Le retour d’Alejandro González Iñárritu sur fond restueux rappelle ainsi aux spectateurs non seulement l’importance historique indispensable face aux défis actuels mais souligne également leur pouvoir collectifs face aux narrations humaines intemporelles méritant toutes notre attention contextuelle puis artistique précieuse.