Mille trois cents anciens parlementaires réclament la restauration de leur pension à vie

En Italie, plus de 1 300 anciens députés demandent le rétablissement de leurs pensions à vie, supprimées en 2018. Cette demande inclut l’ex-star du porno Cicciolina, qui réclame dix millions d’euros.

  • Plus de 1 300 anciens parlementaires italiens demandent la réintégration de leurs pensions à vie, supprimées en 2018.
  • Ils contestent une réforme qui a réduit leurs pensions jusqu'à 90 % et remplacé le système automatique par un régime contributif.
  • La décision judiciaire sur leur recours pourrait rouvrir la possibilité de revenir aux anciennes conditions de pension.
  • En France, les retraites des députés sont plus modestes mais certains bénéficient encore d’avantages liés à l’ancien régime.

Mille trois cents anciens parlementaires réclament la restauration de leur pension à vie

La bataille pour la récupération des pensions par ces anciens députés italiens entre dans une phase cruciale. Selon le journal italien La Stampa, la Commission d’appel de la Chambre des députés, l’organe judiciaire interne du Parlement, doit se prononcer prochainement sur le recours déposé par ces élus. Ils contestent la réforme de 2018 qui a mis fin au système de pensions automatiques versées à vie, remplaçant celui-ci par un régime contributif s’alignant davantage sur le système général.

Cette réforme avait été introduite par Roberto Fico, président de la Chambre et membre influent du Mouvement 5 Étoiles, un parti antisystème créé en 2009. Elle était présentée comme une mesure essentielle pour moraliser la politique italienne, entraînant des baisses de pension pouvant atteindre jusqu’à 90% pour les parlementaires les plus âgés, avec l’objectif d’économiser environ 40 millions d’euros chaque année.

Les anciens députés sont largement opposés à cette réforme. Parmi eux, Ilona Staller, mieux connue sous le nom de Cicciolina, élue dans les années 1980, exige dix millions d’euros en dédommagement qu’elle promet toutefois de reverser à des associations caritatives. Un autre ancien député, Paolo Guzzanti, ancien président d’une commission parlementaire, soutient que « si l’on renonce à son métier pour servir l’État, il est légitime de recevoir un soutien durable ».

En 2022 déjà, une décision judiciaire avait annulé partiellement cette réforme pour certains parlementaires. Le jugement attendu pourrait ainsi rouvrir des possibilités importantes pour les anciens élus et entraîner potentiellement un retour significatif aux anciennes conditions d’attribution des pensions.

Et en France ?

Depuis 2018, les députés français sont soumis à un régime retraite aligné sur celui de la fonction publique. Pour cinq ans passés au Parlement, ils peuvent prétendre à une pension nette mensuelle s’élevant à 684 euros dès leurs 62 ans, une réduction notable comparée aux assistantes pré-réforme où cela atteignait jusqu’à 1 200 euros nets par mois. Au terme de deux mandats consécutifs, leur retraite atteint donc environ 1 368 euros nets mensuels, équivalent du temps passé par le reste des citoyens français après quatre décennies de cotisation.

Cependant, toutes les situations ne sont pas identiques : ceux ayant cotisé avant la réforme continuent à bénéficier légèrement des avantages offerts par le précédent système. En effet, en 2022 encore, unique était constatée que les pensions moyennes versées aux ex-députés touchaient encore près de 2 990 euros nets chaque mois. Ainsi, bien que ce régime ait évolué, certains éléments perturbateurs liés au passé persistent toujours.

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