Après quinze ans à l'étranger, je ne me sens plus chez moi. Mon fils connaîtra la même difficulté

Duncan Forgan : Entre Écosse et Bangkok, une quête d’identité

  • Après 15 ans à l'étranger, Duncan se sent déconnecté de ses racines écossaises.
  • Il élève son fils principalement en Thaïlande, ce qui complique le sentiment d'appartenance.
  • Les séparations et les voyages ravivent la nostalgie et la douleur du départ.
  • Il espère que son fils construira sa propre identité malgré ces défis culturels.

Après quinze ans à l’étranger, je ne me sens plus chez moi. Mon fils connaîtra la même difficulté

Duncan Forgan, expatrié écossais vivant à Bangkok depuis 15 ans, partage son expérience de la nostalgie et du déracinement en élevant son fils dans un pays qui n’est pas le sien. Malgré les libertés acquises en Asie, il s’inquiète du manque de sentiment d’appartenance que ressentiront son enfant et lui-même.

Un retour aux racines écossaises

Duncan Forgan a quitté sa ville natale pour s’installer en Asie. Il y élève son fils Alexander, né à Bangkok. Alors qu’il se remémore ce qui fait partie de son identité écossaise lors d’un trajet vers l’aéroport, il se trouve face à une nostalgie profonde, exacerbée par des airs familiers comme « In a Big Country » des Big Country et « Sunshine on Leith » des Proclaimers.

« Il n’y a rien de tel qu’un soudain coup de nostalgie pour vous rappeler le chemin parcouru », confie-t-il. Après avoir passé tant d’années loin de chez lui, il raconte comment son identité se transforme : « Vous ne venez plus de nulle part. trop étranger pour être pleinement écossais ».

Une dualité culturelle complexe

Élever un enfant avec un sens d’appartenance alors que l’on-même reste entre deux mondes est un défi intriqué pour Duncan. Alexander vit principalement à Bangkok. Pour lui, « chez moi » signifie la Thaïlande plutôt que l’Écosse. Même si Duncan essaie d’inculquer à son fils ses racines culturelles par la littérature écossaise et la musique vintage, cela s’avère insuffisant.

« Je ne peux pas lui apprendre la cornemuse ou l’hymne », déplore-t-il tout en mentionnant que leur temps passé ensemble dans les Highlands constitue une découverte précieuse mais éphémère pour Alexander.

Les joies et douleurs de l’expatriation

Leurs séjours estivaux en Écosse sont agréables pour Alexander ; toutefois, ils sont transitoires et finissent toujours par donner lieu à une profonde tristesse au moment du départ. Cela devient particulièrement poignant avec le vieillissement des parents de Duncan : « La douleur s’accentue à chaque départ ».

Bien que reconnaissant les libertés apportées par sa vie thaïlandaise – qualifiant souvent Bangkok comme chaotique mais exaltante – Duncan admet aussi qu’il commence à peine à prendre conscience des sacrifices faits concernant sa connexion avec ses racines.

Vers un avenir incertain mais prometteur

À travers cette expérience biculturelle complexe vécue avec son fils, Duncan envisage la manière dont celui-ci reconstructe lentement son identité calédonienne via souvenirs familiaux et histoire personnelle : « L’esprit écossais d’Alexandre ne sera pas le mien. il reconstituera son identité calédonienne ».

Lorsqu’ils retourneront sur leurs terres natales lors du prochain voyage familial aux Highlands, Duncan espère transmettre cet optimisme malgré tout : « Peut-être qu’il le ressentira aussi – cette traction vers l’endroit qui l’a fait ».

Passionné de sport et grand fan de la NBA je m’intéresse autant aux grands événements internationaux qu’aux histoires humaines qui se jouent en coulisses. Curieux et amateur de voyages, j’aime transmettre l’énergie et les émotions qui font vibrer le monde du sport.