Pendant 7 ans, j'ai été néo-nazi, vivant dans la haine. Ma fille m'a poussé à changer

Un chemin vers le néonazisme

À 16 ans, Arno Michaelis se sentait perdu et en quête d’identité. Il a été attiré par « l’idéal » néonazi qui lui promettait un rôle héroïque au sein d’une supposée race supérieure. « J’étais un enfant en colère et solitaire », avoue-t-il. Cette idéologie lui permettait de ressentir un sentiment d’appartenance qu’il n’avait jamais eu auparavant. Au sein du mouvement, il a participé activement à des concerts visant à propager cette haine. Pour lui, être néonazi ne signifiait pas seulement porter une idéologie : cela représentait aussi une identité forte et reconnue dans cet univers toxique.

  • Arno Michaelis a été néo-nazi pendant 7 ans.
  • Il a été attiré par l'idéologie néonazie à 16 ans, cherchant un sentiment d'appartenance.
  • Il a connu une vie rythmée par la colère et l'alcoolisme.
  • Sa paternité l'a poussé à quitter ce mouvement extrémiste.

Pendant 7 ans, j’ai été néo-nazi, vivant dans la haine. Ma fille m’a poussé à changer

Une existence marquée par la peur et la colère

Durant ses années dans le mouvement extrémiste, Michaelis a connu une vie rythmée par la rage. « Vous vous réveillez en colère et vous vous couchez en colère », confie-t-il. Par ailleurs, il justifiait des actes violents envers ceux perçus comme ennemis : minorités ethniques ou communautés LGBTQ+. Malgré cette quête insatiable de violence pour apaiser sa fureur intérieure, Michaelis admet que cela ne faisait qu’aggraver son mal-être. Il précise avoir souffert d’alcoolisme, buvant depuis l’âge de 14 ans jusqu’à ses 34 ans. À plusieurs reprises, il exprimait son épuisement d’une vie fondée sur la haine.

L’éveil provoqué par sa paternité

En 1994, un tournant majeur intervint dans sa vie alors qu’il devenait père célibataire avec sa fille âgée alors de 18 mois. La perte tragique d’amis impliqués dans ce milieu ainsi que l’éloignement avec la mère de son enfant l’ont confronté durement à sa réalité. Ce fut le catalyseur nécessaire à son départ du mouvement : « Cela m’a enfin frappé que si je ne partais pas. ». C’est ainsi qu’il décida délibérément de quitter cet univers destructeur.

Une nouvelle vie axée sur la compassion

Après leur séparation avec le milieu extrémiste, les choses ne changèrent pas immédiatement pour Michaelis ; cependant, progressivement il trouva liberté et plaisir loin des croyances qu’il avait embrassées durant tant d’années. Sa participation à des événements musicaux rassemblant diverses ethnies devint révélatrice : « C’est là que je savais que j’étais libre ». Cette transition fut renforcée par des rencontres touchantes avec des personnes issues des milieux divers qui lui montrèrent gentillesse malgré tout ce qu’il avait perpétré auparavant. Aujourd’hui engagé auprès du collectif Parents for Peace, Arno aide les individus affectés par l’extrémisme à reconstruire leur identité sans recours à la violence ni aux paroles haineuses. Il souhaite partager son expérience afin que certains cycles destructeurs soient rompus : « Je vis profondément le mal que j’ai causé, mais je travaille pour éviter plus de douleur ». Son témoignage rappelle combien il est possible de sortir d’une spirale infernale grâce non seulement au désir personnel mais également grâce au soutien communautaire précieux dont chacun peut bénéficier sur ce chemin vers une existence pacifiée.

Passionné de sport et grand fan de la NBA je m’intéresse autant aux grands événements internationaux qu’aux histoires humaines qui se jouent en coulisses. Curieux et amateur de voyages, j’aime transmettre l’énergie et les émotions qui font vibrer le monde du sport.