Le ministre des Affaires étrangères du Rwanda a annoncé que son pays était au « stade précoce » d’un accord avec l’administration Trump pour accepter des migrants expulsés des États-Unis. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la Grande-Bretagne a connu une expérience tumultueuse avec un projet similaire, entraînant des leçons importantes pour Washington.
Un précédent britannique douloureux
Dimanche, Vincent Biruta, le ministre rwandais des Affaires étrangères, a indiqué que son pays est engagé dans un « stade précoce » de discussions avec l’administration Trump sur l’expulsion de migrants en provenance des États-Unis. Cette annonce fait écho à une politique controversée menée par le gouvernement britannique dirigé par les conservateurs, qui avait accepté en 2022 d’envoyer définitivement les demandeurs d’asile au Rwanda.

Ce plan a été largement critiqué et n’a quasiment pas abouti après deux années d’investissements considérables et plusieurs tentatives infructueuses. En conséquence, le nouveau gouvernement travailliste élu l’année dernière a abandonné cette politique en se basant sur ses frais exorbitants et son inefficacité.
Des coûts astronomiques
Les accords stipulaient également que chaque personne expulsée coûterait 150 000 £ au gouvernement britannique pour inclure un programme complet d’intégration durant cinq ans comprenant hébergement, nourriture et services médicaux. Lorsque cet accord fut abandonné, le Rwanda annonça qu’il ne rembourserait aucun montant car aucune clause ne garantissait celui-ci.
Yvette Cooper, ministre du Travail, a déclaré que cette approche aurait pu coûter finalement plus de 10 milliards de livres sur six ans selon les prévisions conservatrices qui soutenaient que cela découragerait la traversée illégale via bateau vers la Grande-Bretagne.
Limites géographiques du Rwanda
Avec une superficie comparable à celle du Massachusetts, le Rwanda présente déjà une forte densité démographique. L’administration américaine n’a pas précisé combien de personnes pourraient être envoyées dans ce pays aux ressources limitées. Un avocat représentant le gouvernement britannique avait même souligné lors d’une audience à la Cour suprême en 2023 que le nombre potentiel de demandeurs d’asile accueillis par le Rwanda pourrait être initialement faible, ajoutant qu’il y aurait besoin significatif « de renforcement des capacités ».
En 2022, année où l’accord londonien fut scellé, environ 45 000 personnes avaient atteint la Grande-Bretagne via petits bateaux.
Un passé troublé avec Israël
L’éventuelle convention avec les États-Unis doit être examinée à la lumière d’accords précédents similaires impliquant déjà le Rwanda. La nation africaine accueille actuellement plusieurs centaines de réfugiés africains provenant particulièrement de Libye sous un arrangement signé il y a six ans avec l’ONU.
Une entente secrète signée entre Israël et le Rwanda en 2013 – maintenant déclarée illégale par la Cour suprême israélienne – envisageait déjà l’expulsion de demandeurs d’asile érythréens et soudanais vers ce dernier pays. Toutefois, il semblait qu’une fois arrivés au Rwanda ils étaient souvent transférés clandestinement vers l’Ouganda – compromettant ainsi leurs droits fondamentaux tels qu’exigé par la Cour suprême britannique lors des procédures en Grande-Bretagne.
Risques juridiques devant les tribunaux
L’administration Trump exhibe une certaine appétence pour défier les décisions judiciaires; jusqu’à présent elle refuse toujours à se conformer à plusieurs ordres relatifs aux réinsertions passées dans divers autres cas discriminatoires violents potentiellement en violation de diverses lois internationales concernant le droit humain ou la protection des réfugiés.
La tentative précédente en Grande-Bretagne avait rencontré plusieurs obstacles juridiques importants notamment liés à diverses conventions européennes protégeant ces droits fondamentaux si crucialement menacés aujourd’hui.