Adolescence sur Netflix : Pourquoi les parents s'inquiètent des smartphones

Le nouveau drame « Adolescence », écrit par le scénariste britannique Jack Thorne, a provoqué des débats puissants sur l’impact des smartphones et du contenu en ligne sur les jeunes. Diffusé depuis le 13 mars, le show connait un immense succès sur Netflix et soulève des questions cruciales concernant la réglementation d’accès aux médias sociaux pour les enfants. Des figures politiques britanniques se saisissent également de ce sujet pour appeler à une réforme législative.

Le drame « Adolescence » examine la violence influencée par les réseaux sociaux

Le drame télévisé « Adolescence », lancé sur Netflix, raconte l’histoire d’un garçon de 13 ans, Jamie Miller (Owen Cooper), qui commet un meurtre après avoir été exposé à des idées misogynes en ligne. La série est devenue très populaire immédiatement après sa sortie le 13 mars et a été considérée comme l’émission la plus regardée dans plusieurs pays, y compris au Royaume-Uni.

Adolescence sur Netflix : Pourquoi les parents s’inquiètent des smartphones

Selon Thorne, son show aborde une préoccupation grandissante concernant l’influence néfaste des contenus numériques sur les jeunes esprits réceptifs.

Les réactions politiques face aux thématiques abordées dans la série

À peine quelques jours après sa diffusion, « Adolescence » a commencé à générer des discussions autour de la réglementation de l’accès aux smartphones pour les enfants. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a mentionné avoir regardé la série avec ses enfants et a fait état de mesures nécessaires face aux enjeux liés au contenu nocif accessible en ligne.

Jack Thorne s’est dit heureux que son travail soit pris en compte à ce niveau politique mais souhaite davantage qu’un simple débat ; il appelle à mettre en place une loi interdisant l’accès aux médias sociaux jusqu’à 16 ans.

Un phénomène télévisuel qui touche un nerf social sensible

Le spectacle n’a pas seulement captivé le public ; il a également touché un aspect sensible que beaucoup ressentent actuellement : la présence omniprésente des smartphones dans la vie quotidienne des jeunes. L’organisation Smartphone Free Enfance déclare que cette œuvre évoque un réel « sentiment de panique » chez de nombreux parents face au risque associé à ces appareils.

Daisy Greenwell, fondatrice de l’organisation, a reçu divers retours émotionnels suite à certains passages particulièrement marquants de la série lors d’échanges entre parents.

Une recherche approfondie teintée d’inquiétudes personnelles

Jack Thorne révèle qu’il a commencé à concevoir « Adolescence » il y a deux ans lorsqu’il fut contacté par Stephen Graham, alarmé par une vague récente de meurtres entre adolescents inspirés par leurs perceptions biaisées envers les filles.

Pour comprendre cette culture contemporaine incel—un terme désignant ceux qui se définissent comme célibataires involontaires—Thorne s’est immergé durant six mois dans ces forums sombres du web où ces discours florissaient et ont pu induire chez certains jeunes hommes une vision déformée du rapport homme-femme.

Il confesse avoir développé une profonde inquiétude quant à sa propre expérience parentale alors qu’il envisageait que son fils pourrait rencontrer ces idées perverses un jour.

La flexibilité narrative permet d’élargir le débat sans apporter des réponses faciles

Bien que Jack Thorne ait exprimé son souhait d’une régulation stricte via ses interviews auprès des médias, lui et co-scénaristes affirment ne pas vouloir incriminer uniquement techniquement les smartphones pour leur impact négatif : « L’école du garçon est sous-financée », observe-t-il… La culpabilité serait répartie entre différents acteurs tels que le système éducatif épuisé ou encore la famille démissionnaire face aux réalités auxquelles fait face Jamie.

L’actrice Erin Doherty souligne également que malgré tous les thèmes difficiles traités dans « Adolescence », il est essentiel qu’elle veille à ne pas être moralisante. Les scénaristes préfèrent laisser ouverte toute question plutôt que fournir réponse définitive ou facile.

Avec tout cela, Jack Thorne conclut par cet avertissement puissant : « Il faut parfois tout un village pour détruire un enfant », appelant ainsi la société entière à prendre conscience afin d’accompagner nos jeunes vers un avenir meilleur.