Dans un contexte de scandale concernant des violences présumées à Notre-Dame-de-Bétharram, le Premier ministre François Bayrou a transmis une série de documents à BFMTV et RMC afin de prouver son innocence. Il conteste les accusations portées contre lui, notamment celles de la lanceuse d’alerte Françoise Gullung, tandis qu’une commission d’enquête parlementaire poursuit ses investigations.
- François Bayrou publie des documents pour prouver son innocence dans l'affaire Bétharram.
- Il remet en question la crédibilité de Françoise Gullung, lanceuse d'alerte, et ses déclarations.
- Bayrou affirme ne pas se souvenir d'une rencontre avec le juge Christian Mirande.
- Il conteste les accusations concernant des décisions prises au sujet d'un surveillant condamné.

Documents présentés
Huit jours après avoir promis transparence devant l’Assemblée nationale, François Bayrou a mis en ligne durant le week-end des documents censés corroborer sa défense. Ces pièces, accessibles sur Internet avant qu’une « cyberattaque » ne rende le site indisponible, comprennent des circulaires ministérielles, articles de presse et rapport d’inspection datant de 1996. Ces éléments concernent divers témoignages énonçant des violences systémiques et des viols présumés au sein d’un établissement privé du Béarn, où près de 200 plaintes ont été déposées auprès du parquet de Pau.
Témoignages contestés
Évaluant la complexité des faits entourant cette affaire délicate, François Bayrou indique que certaines informations se sont révélées « difficiles à faire apparaître ». Il met particulièrement en question la crédibilité de Françoise Gullung qui soutient que l’épouse actuelle du Premier ministre était au courant des abus et avait tenté d’alerter son mari. Pour sa part, Bayrou assure qu’elle « affabule » et souligne les « contradictions » dans ses souvenirs. Le père d’Hélène Perlant renforce l’argument selon lequel les déclarations faites par Mme Gullung n’ont pas lieu d’être prises en compte car elle est arrivée après le départ du père Carricart.
Une rencontre entre François Bayrou et le juge Christian Mirande, chargé du dossier en 1998, suscite aussi débat. Initialement niant tout échange avec ce dernier, il a ensuite admis un manque total de mémoire tout en qualifiant leur relation comme amicale : « Encore aujourd’hui je n’ai aucun souvenir. Mais je fais confiance à Christian Mirande qui dit qu’on s’est rencontrés chez lui ».
Critiques sur les décisions
Le Premier ministre fait également face à critiques pour avoir affirmé qu’un surveillant condamné avait été licencié alors que le collectif des victimes soutient qu’il aurait été promu CPE (Conseiller Principal Éducatif). Tout en plaidant la bonne foi sur base d’informations provenant du rectorat à l’époque incriminée, il rappelle aussi que l’inspection ministérielle conclut en 1996 qu’« aucune brutalité » n’était observée.
Conclusion de la défense
François Bayrou conclut sa défense dans une note où il indique que ces documents établissent clairement que toutes les accusations visant sa personne sont « déformations, diffamations et falsifications ». La situation pourrait toutefois lourdement peser sur son avenir politique alors qu’il risque jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour faux témoignage sous serment ainsi qu’une motion éventuelle pouvant compromettre sa position au sein du gouvernement.
Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer comment se déroulera cette enquête chargée aux multiples ramifications tant politiques que judiciaires.