Airbus teste une technologie autonome avec un camion électrique pour réduire la congestion aéroportuaire
Airbus développe une technologie autonome visant à atténuer la congestion dans les aéroports, en testant un prototype de camion électrique. Ce projet, baptisé OptiMate, est mené par sa filiale UPNext et pourrait jouer un rôle crucial face aux enjeux croissants du trafic aérien.

Un « cockpit sur roues »
Airbus teste actuellement sa technologie au siège de l’entreprise et sur les pistes adjacentes de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Le prototype, désigné sous le nom d’« Opti1 », est équipé d’éléments provenant d’un poste de pilotage d’A350, formant ainsi ce que les ingénieurs appellent un « cockpit sur roues ». L’objectif principal est de permettre au camion de s’auto-conduire grâce à divers capteurs incluant LiDAR, radar et caméras.
Avec au total 150 heures de tests effectuées, le contrôle du véhicule s’effectue également à distance. Un ingénieur peut gérer le freinage et faire conduite autonome en suivant la ligne médiane d’une voie de taxi dans le centre de livraison. « Il a suivi en douceur la ligne médiane », raconte un journaliste ayant pu expérimenter ces tests aux côtés des ingénieurs.
Prévenir les collisions
Ce développement vient répondre à une hausse préoccupante des appels proches dans les aérodromes. Selon le New York Times, ces incidents se produisent plusieurs fois par semaine en moyenne depuis 2023. En février dernier, un avion de Southwest Airlines a même dû faire demi-tour après qu’un jet privé ait pénétré sans autorisation une piste au Chicago Midway Airport, comme indiqué par la Federal Aviation Administration. Ces problèmes sont exacerbés par une baisse significative du personnel affecté au contrôle du trafic aérien et par des infrastructures vieillissantes.
Réduction des retards
Pour remédier à ces difficultés, Scott Kirby, PDG de United Airlines, fait écho à l’urgence d’un financement accru pour recruter davantage dans ce domaine : « Les restrictions sont responsables d’un peu plus des deux tiers des retards ». Dans vingt ans, Airbus prévoit que le double d’avions sera présent dans le ciel actuel.
Le projet UpNext envisage également que ses futurs avions communiquent entre eux ainsi qu’avec les tours de contrôle afin que toute action soit coordonnée efficacement durant les phases critiques telles que le taxiing.
Des tests supplémentaires prévus avec un A350 pourraient se dérouler l’année prochaine. En parallèle à cela, Airbus explore aussi comment utiliser l’intelligence artificielle pour anticiper le trafic aérien et optimiser ainsi les trajectoires tout en aidant les pilotes lors des opérations liées aux conditions météorologiques changeantes.
La recherche menée autour d’OptiMate souligne donc non seulement l’innovation technologique mais également son potentiel impact positif sur la sécurité et l’efficacité opérationnelle dans nos aéroports modernes confrontés à une forte pression croissante.