Le Moyen-Orient voit s’intensifier une nouvelle course à l’armement avec le développement d’armes laser pour contrer des menaces aériennes croissantes. Les États du Golfe cherchent à imiter les systèmes de défense novateurs d’Israël, notamment le célèbre Iron Dome. Cette évolution met en lumière les faiblesses des systèmes de défense traditionnels face à la menace croissante des drones bon marché.
Des attaques de drones mettent en évidence les failles des défenses actuelles
Les récents conflits au Moyen-Orient ont profondément modifié la dynamique militaire dans la région. Des groupes soutenus par l’Iran, comme les rebelles houthis au Yémen, utilisent des drones économiques pour tester et mettre à mal les systèmes de défense aérienne basés sur missiles américains et israéliens. Ces drones ont été employés dans diverses attaques contre des navires commerciaux et militaires en mer Rouge.

Le Hezbollah, basé au Liban, a également utilisé ces dispositifs volants pour évaluer l’efficacité du système Iron Dome d’Israël, qui est principalement conçu pour intercepter des missiles balistiques plutôt que des drones volant à basse altitude. De plus, l’année dernière, l’Iran a tenté de submerger ce même système avec une combinaison d’attaques par drones et missiles.
James Black, directeur adjoint chez Rand Europe, souligne : « La facilité d’acquérir des technologies de drones commerciales et de les réutiliser à des fins militaires a permis aux acteurs étatiques et non étatiques de déployer ces systèmes offensants en nombre croissant ». Selon lui, les défenses laser pourraient représenter une solution précise et peu coûteuse face aux nouvelles menaces aériennes.
Il est important de noter qu’alors que le coût d’un drone peut être aussi bas que 2 000 dollars, un missile interceptant doit coûter environ 2 millions de dollars. Bichmann, chercheur à l’Institut international d’études stratégiques à Bahreïn ajoute : « Une couche de défenses laser pourrait aider à réduire ces coûts tout en comblant les lacunes là où nos systèmes pourraient être vulnérables ».
La concurrence féroce pour développer des armes laser
La firme israélienne Rafael est sur le devant de la scène avec sa technologie avancée de défense aérienne par laser, récemment présentée lors d’expositions internationales comme celles tenues à Abu Dhabi. Elle envisage même la possibilité de vendre cette technologie aux puissances régionales intéressées.
L’Arabie saoudite développe également ses propres capacités avec le soutien chinois tandis que les Émirats Arabes Unis (EAU) explorent leurs options concernant ces systèmes lasers. Les lasers promettent la capacité de cibler plusieurs menaces simultanément sans risquer un épuisement rapide comme c’est souvent le cas avec les munitions classiques.
D’après Black encore : « Les lasers peuvent engager plusieurs cibles avec un coût minimal par tir », ajoutant que cela se fait « sans risque d’épuiser ses stocks ou manquer ses tirs comme c’est souvent le cas avec ceux basés sur missile ».
Néanmoins, il existe encore un grand défi technologique – assurer la précision nécessaire pour frapper efficacement un missile voyageant cinq fois plus vite que le son.
Les limites actuelles rendent difficile leur utilisation immédiate
Bien que considérées comme une meilleure solution potentielle contre les drones comparativement aux intercepteurs conventionnels capables d’abattre des missiles balistiques lourds et rapides ; actuellement ces armes lasers restent expérimentales et doivent encore faire leurs preuves sur le terrain.
Des conditions climatiques adverses peuvent affecter sérieusement leur efficacité ; parallèlement générer une puissance suffisante dans certaines régions reste problématique. James Black souligne dès lors qu’il faut beaucoup temps et investissement afin d’affiner ces nouvelles technologies défensives : « Les systèmes prennent du temps ; ceux développés par Rafael sont en gestation depuis plusieurs décennies », avertit-il.
Yuval Steinitz, président chez Rafael déclare quant à lui avoir identifié plusieurs défis techniques liés au déploiement efficace autant qu’il aspire vers cet avenir armé lié aux armes modernes : « Nous avons dû trouver un moyen… » révélateur du travail complexe auquel ils font face actuellement.