En Amazonie, des lacs à 41 °C provoquent l'asphyxie mortelle de 200 dauphins

Chapô

  • Les lacs amazoniens atteignent 41 °C, provoquant la mort de nombreux dauphins.
  • La sécheresse et la chaleur extrême réduisent la superficie des lacs et augmentent leur température.
  • Plusieurs autres lacs affichent aussi des températures très élevées, favorisées par plusieurs facteurs climatiques et environnementaux.
  • L'augmentation de température détruit la faune aquatique et impacte les communautés locales, révélant une tendance inquiétante liée au changement climatique.

En Amazonie, des lacs à 41 °C provoquent l’asphyxie mortelle de 200 dauphins

Une étude publiée dans la revue « Science » révèle que les lacs amazonien, en particulier le lac Tefé, atteignent des températures alarmantes de 41 °C. Ces conditions extrêmes menacent gravement la faune aquatique et perturbent les communautés locales.

L’eau du lac Tefé à des niveaux critiques

Le lac Tefé, situé dans l’État d’Amazonas au Brésil, a enregistré une température de 41 °C en octobre 2023. Cette situation résulte d’une grave sécheresse qui a touché le bassin amazonien cette année-là. L’étude menée par Ayan Fleischmann de l’Institut Mamirauá et Fabrice Papa, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), met en lumière un phénomène inquiétant : l’Amazonie fait face à des vagues de chaleur aquatiques qui mettent en péril toute forme de vie.

« Lors de la sécheresse extrême de 2023, ce refuge a tout simplement disparu », souligne Ayan Fleischmann. La profondeur moyenne du lac Tefé n’a pas dépassé cinquante centimètres et sa superficie est tombée à 95 kilomètres carrés contre 379 précédemment. Les chercheurs ont observé une amplitude thermique inédite entre jour et nuit, mesurant jusqu’à 13 °C.

Des températures élevées propagées sur plusieurs lacs

Cette hausse des températures n’est pas isolée. Sur dix autres lacs examinés en Amazonie centrale, cinq ont présenté des températures supérieures à 37 °C. Le lac Coari a atteint 37,5 °C, tandis que Janauacá a culminé à 38,1 °C. Fabrice Papa déclare : « Notre étude suggère que c’est la combinaison qui peut engendrer des situations extrêmes ».

Le faible vent, un rayonnement solaire intense ainsi qu’une turbidité élevée sont autant d’éléments ayant contribué à ces situations alarmantes.

Conséquences dramatiques sur la faune

Les conséquences sont déjà dramatiques : plus de 200 dauphins riverains – boto (Inia geoffrensis) et tucuxi (Sotalia fluviatilis) – ont été retrouvés morts entre septembre et octobre 2023 due aux températures excessives provoquant hyperthermie fatale sans précédent chez ces mammifères d’eau douce. Des milliers de poissons ont également péri faute d’oxygène dissous.

Les communautés vivant près du lac souffrent également directement des effets secondaires tels que le manque d’eau potable ou la perte d’accès aux soins médicaux vitaux car les rivières essentielles se transforment souvent en bancs de sable.

Une tendance préoccupante révélée par les données historiques

L’analyse des données satellitaires récoltées depuis 1990 indique une augmentation moyenne de température dans les grands lacs amazoniens pouvant aller jusqu’à 0,8 °C par décennie, impactant gravement leur équilibre biologique : « Quand l’eau atteint 40 °C, c’est tout l’équilibre qui s’effondre », avertissent les chercheurs.

À quelques mois avant la COP30 prévue à Belém, cette étude sert comme un signal critique vis-à-vis du changement climatique : il ne touche désormais plus seulement les milieux polaires mais aussi nos précieuses ressources en eau douce tropicale.

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