Les analystes de Bernstein estiment que l’interdiction des exportations de puces Nvidia ne freine pas le développement de l’intelligence artificielle (IA) en Chine. Les entreprises chinoises se tournent vers des alternatives, comme celles proposées par Huawei, pour réduire leur dépendance vis-à-vis des technologies américaines.
Comment les entreprises chinoises s’adaptent
Face à ces défis, les entreprises chinoises ont rapidement réduit leur dépendance envers les puces Nvidia. Elles utilisent désormais des dispositifs Edge tels que des ordinateurs personnels et portables pour former leurs modèles sans restrictions. De plus, elles transfèrent leurs charges lourdes d’inférence vers d’autres solutions sans recourir aux technologies NVIDIA.

Des progrès significatifs ont été réalisés avec des alternatives locales. Cependant, la transition totale demeure complexe, notamment en raison du logiciel propriétaire CUDA utilisé par Nvidia. Une entreprise chinoise a nécessité 200 ingénieurs et six mois pour adapter un modèle prévu initialement pour la plateforme Nvidia à celle utilisant des chips Huawei, atteignant seulement 90% des performances originales.
Malgré ces obstacles techniques, Bernstein souligne que « nos chaînes de paiement ont montré que la plupart des entreprises peuvent continuer sans puces H20 ».
H20 : une puce décriée ?
La puce H20 conçue par Nvidia respecte déjà les limitations mises en place par l’administration Biden afin de freiner la progression technologique chinoise. Cependant, selon Bernstein, « l’interdiction du H20 n’aurait aucun sens car sa performance est déjà bien inférieure à des alternatives chinoises ; une interdiction remettrait simplement complètement le marché de l’IA chinois à Huawei ».
L’avenir incertain
Huawei représente actuellement le plus grand défi concurrentiel pour Nvidia sur le territoire chinois. Les analystes prévoient qu’à long terme « attendez-vous à ce que Huawei continue de combler l’écart dans les performances » alors que d’autres acteurs locaux développent leurs propres solutions IA.
Cependant, ils avertissent également qu’un approvisionnement suffisant en unités pourrait rester un défi durable compte tenu que Huawei dépend toujours partiellement de la production effectuée par la Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC).
Alors que l’incertitude plane autour du cadre réglementaire international lié aux technologies IA et semi-conducteurs, il semble clair que la détermination et l’innovativité dans ce secteur seront essentielles pour maintenir un rythme compétitif face aux restrictions imposées par les États-Unis.