Un ex-opérateur du Samu est accusé de viols et agressions sexuelles, provoquant l'inquiétude

Laurent Moussière, 60 ans, est jugé devant la Cour Criminelle Départementale du Rhône pour des accusations de viols et agressions sexuelles concernant une vingtaine de jeunes hommes, dont des mineurs. Détenu depuis 2021 à Lyon-Corbas, il comparaît jusqu’au 12 décembre.

Un ex-opérateur du Samu est accusé de viols et agressions sexuelles, provoquant l’inquiétude

Un prédateur au profil manipulateur

Le procès de Laurent Moussière s’ouvre avec la révélation d’un parcours inquiétant. Accusé de multiples violences sexuelles sur trente-quatre victimes masculines, majoritairement âgées de 11 à 18 ans, il est validé que ces individus étaient en difficulté personnelle : problèmes scolaires, absences parentales ou conflits familiaux. Les faits supérieurs s’étalent sur près de quarante ans. L’accusé se trouve actuellement dans la maison d’arrêt de Lyon-Corbas.

Selon l’accusation, les infractions reprochées vont du viol à l’agression sexuelle, incluant des tentatives sur mineurs et divers abus liés à sa position professionnelle dans le milieu médical et éducatif. Son statut d’ambulancier, ainsi que ses rôles bénévoles à la Croix-Rouge et aux colonies de vacances lui auraient facilité l’accès aux jeunes garçons vulnérables.

Lors des audiences, plusieurs témoignages évoquent des soirées où Moussière a organisé diverses activités inappropriées. « Mon fils est monté à l’envers », confie une mère lors de l’instruction.

Les rituels observés durant ces rencontres impliquaient notamment des jeux osés comme le strip-poker ou encore un jeu consistant à se faire embrasser après chaque but marqué pendant un match de football diffusé.

Des séquelles profondes pour les victimes

À son domicile, les enquêteurs ont découvert un matériel accablant : vingt ordinateurs, 1 300 photos classées par prénoms mettant en évidence les fréquentations sexuelles sous différentes formes d’intimité sont également relevées parmi ses possessions.

L’accusé aurait également incité certains jeunes à consommer diverses drogues lors ces soirées festives. Selon Me Jean Sannier, représentant huit parties civiles au nom de l’ONG Innocence en Danger présidée par Homayra Sellier, « Une victime s’est réveillée un matin avec des douleurs sérieuses à l’anus ».

Moussière a aussi exploité les réseaux sociaux pour solliciter certaines victimes afin d’obtenir ce qu’il appelait « tofs coquines ». Les conséquences psychologiques chez ces derniers sont sévères : dépressions majeures, amnésies traumatiques et tentatives suicidaires affectent leur quotidien actuel.

Certaines victimes témoignent avoir tissé avec lui une relation sincère avant que celle-ci ne soit dénaturée par ce trait profond d’abus sexuel.

Aveux problématiques

En mai 2021, durant sa garde-à-vue, Laurent Moussière fait preuve d’un certain degré d’autodénonciation en admettant être un prédateur sexuel et précisant presque le nombre exact des victimes touchées par ses actes malveillants : « Les soirées pouvaient aller loin », dit-il. Ses récits détaillent des attouchements mais il insiste sur son absence présumée de violence physique directe.

Expertisés psychologiquement, sa sexualité serait appréhendée comme immature marquée par une forte pulsionnalité ayant conduit Moussière vers ce qu’on décrit comme un syndrome éphébophile : rechercher dans ses interlocuteurs adolescents une satisfaction personnelle considérable sans réelle conscience morale quant aux conséquences infligées sur eux.

Dans cette suite anxiogène aujourd’hui qui cristallise attentions autour du procès prévu jusqu’au 12 décembre prochain, moult questionnements éthiques plongent proches et experts penseurs face au désastre humain produit tout autant que juridique provoqué par cet homme dont le rôle semblait rassurant.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.