L'ancien président russe veut une zone tampon en Ukraine, ce qui prendrait 91 ans à ce rythme

Dmitry Medvedev, ancien président russe et actuel vice-président du Conseil de sécurité, a proposé l’établissement d’une immense zone tampon en Ukraine pour protéger la Russie des armes occidentales. Toutefois, cette ambition pourrait prendre près d’un siècle à réaliser au rythme actuel des avancées militaires russes.

  • Dmitry Medvedev a proposé une zone tampon en Ukraine pour protéger la Russie.
  • Cette zone tampon pourrait prendre 91 ans à réaliser selon les avancées actuelles.
  • Les analystes estiment qu'il faudrait environ 587 459 kilomètres carrés supplémentaires sous contrôle russe.
  • Des défis géographiques et logistiques considérables s'opposent à cette stratégie.

L’ancien président russe veut une zone tampon en Ukraine, ce qui prendrait 91 ans à ce rythme

Une proposition ambitieuse

Lundi dernier, Dmitry Medvedev a partagé sur sa chaîne Telegram une carte représentant une zone tampon qui s’étendrait presque sur toute l’Ukraine, sauf un étroit corridor côtier le long de la frontière polonaise. Cette idée émane de préoccupations quant à la portée des missiles occidentaux pouvant atteindre jusqu’à 550 kilomètres sur le territoire russe.

« Si une aide militaire au régime de Banderite continue, la zone tampon pourrait ressembler à ceci », a affirmé Medvedev dans son post. Il argumente qu’il est nécessaire d’assurer une protection pour Belgorod contre les armes longues portées fournies à l’Ukraine, telles que le système de missile Storm Shadow, capable d’atteindre entre 250 km et possible 550 km.

Un coût exorbitant en vies humaines

Les analystes militaires de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), basé à Washington, ont évalué que mettre en œuvre le projet nécessiterait environ 587 459 kilomètres carrés supplémentaires sous contrôle russe. À leur avis, avec les avancées récentes limitées à 14,3 kilomètres carrés par jour entre janvier et mai 2025, il faudrait environ 91 ans pour atteindre cet objectif.

En mars dernier par exemple, il avait été rapporté que la Russie avait capturé seulement 142 kilomètres carrés durant tout le mois. Sur ce rythme croissant estimé cette année-là à 203 kilomètres carrés, récupérer complètement les provinces clés comme Donetsk ou Luhansk prendrait encore plus longtemps.

« À ce taux d’avance, il faudrait environ 3,9 ans pour saisir le reste des oblasts », lit-on dans le rapport de l’ISW. Les analystes prévoient également que cet effort pourrait coûter jusqu’à 50 millions de soldats, soit environ un tiers de la population totale russe.

Des défis géographiques considérables

L’ISW mentionne aussi qu’il existe plusieurs obstacles géographiques majeurs que les forces russes doivent surmonter pour faire avancer leurs lignes; par exemple traverser la rivière Dnipro serait particulièrement difficile.

Le concept « zones tampons » n’est pas nouveau dans la stratégie militaire russe. Des projets similaires avaient été évoqués lors des batailles dans l’oblast du nord Kharkiv où elle voulait protéger Belgorod des attaques ukrainiennes. De même récemment Vladimir Poutine avait fait état d’une telle stratégie visant à sécuriser Kursk au sud vers Sumy après certaines incursions ukrainiennes depuis cette région.

Une stratégie ancienne et complexe

En toile de fond se trouvent également les tentatives anciennes sous Donald Trump d’engager des négociations entre Moscou et Kyiv permettant ainsi à la Russie conserver certaines terres occupées depuis 2014 tout en exigeant concessions territoriales contre-attaquées par l’Ukraine.

Dmitry Medvedev ne cache pas son rôle proactif parmi les faucons du Kremlin : président entre 2008 et 2012, puis Premier ministre jusqu’en 2020, avant un échange réciproque intégré avec Poutine durant leurs mandats respectifs.

Cette proposition soulève donc non seulement des questions logistiques mais aussi éthiques concernant l’engagement humain véritablement requis.

Passionné de sport et grand fan de la NBA je m’intéresse autant aux grands événements internationaux qu’aux histoires humaines qui se jouent en coulisses. Curieux et amateur de voyages, j’aime transmettre l’énergie et les émotions qui font vibrer le monde du sport.