Chapô
Andy Warhol, figure emblématique du pop art, a eu une relation particulière avec la maison de montres Piaget. Avec sa montre Black Tie, il a non seulement affirmé son style personnel mais également renforcé des liens d’amitié avec Yves Piaget, marquant ainsi une époque festive et artistique.
Une Montre Révolutionnaire dans le Monde de l’Art
En 1968, Andy Warhol déclare : « À l’avenir, tout le monde aura droit à quinze minutes de célébrité. » Ironiquement, à cette date-là, il ne possède pas encore la montre qui lui permettra de chronométrer ces instants éphémères. Ce n’est qu’en 1973 qu’il succombe au charme de la Piaget Black Tie, un modèle en or jaune 18 carats lancé en 1972. Ce modèle se distingue par son important boîtier en forme coussin et un cadran anthracite galvanisé.
Warhol reçoit cette proposition grâce à Gerry Grinberg, distributeur exclusif des montres Piaget aux États-Unis. Connaissant bien les goûts du créateur qui cherche toujours les dernières tendances, Grinberg réussit à attirer son attention sur ce bijou horloger.
Six ans plus tard, toujours à New York et encore via Grinberg, Warhol fait la rencontre d’Yves Piaget. La relation entre les deux hommes devient rapidement amicale ; Yves offre régulièrement des chocolats suisses pour Noël tandis qu’Andy réalise un portrait dans Interview Magazine, témoignant ainsi de leur complicité.
Le Glamour d’une Époque
Fidèle à la philosophie d’Yves Piaget – « les clients deviennent des amis et les amis des clients » – Warhol rejoint alors la Piaget Society, un cercle fermé où se côtoient célébrités comme Ursula Andress ou Roger Moore et d’éminentes figures culturelles. Cette communauté reflète l’esthétique festive des années quatre-vingt autour de lieux emblématiques tels que Studio 54 ou Palm Beach.
Remis de son attentat en 1968 – lorsqu’il a reçu trois balles dans le corps –, Warhol adopte alors un style distinctif que compose sa perruque argentée et ses lunettes Wayfarer associées à sa Black Tie pour compléter son image spectaculaire.
La Black Tie Beta 21, produite uniquement à six mille exemplaires durant les années 70 possède sa place parmi ses nombreux objets notés dans ses « Diaries » , une collection personnelle portant sur chaque aspect du quotidien créatif du roi du pop art.
Cette montre apparaitra plus tard lors d’une vente organisée par Sotheby’s en 1988 suite au décès de Warhol survenu une année auparavant. Parmi plus de 10 000 objets personnels du créateur figurent aussi diverses autres montres dont Rolex ou Cartier Tank ainsi que six modèles signés Piaget.
Après avoir racheté quatre pièces lors de cette vente, conservées aujourd’hui dans leur collection patrimoniale, la Black Tie disparaît pendant plusieurs années avant une réédition ciblée par Piaget sous le nom Black Tie Vintage en 2014 puis transformée en Andy Warhol Clou de Paris dix ans après. Ce mois-ci est présentée la dernière version sous forme limitée intitulée Andy Warhol Collage Limited Edition, incarnant pleinement la philosophie précieuse d’Yves Piaget : « Nous créons des montres, nous n’en produisons pas ».
Ces événements témoignent non seulement d’un lien fort entre deux icônes mais aussi d’une époque où arts visuels et mode se rencontrent audacieusement au travers d’un accessoire devenu essentiel pour l’artiste comme pour l’Amateur éclairé.