Changement climatique : la forêt française en péril
La forêt française, bien que s’étendant pour atteindre 17,6 millions d’hectares en 2024, fait face à une mortalité sans précédent d’arbres. Selon le dernier rapport de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), la mortalité des arbres a augmenté de 125% en dix ans, atteignant 16,7 millions de mètres cubes par an. Les sécheresses fréquentes et la propagation des maladies affaiblissent les écosystèmes forestiers.

Une situation alarmante
« Les écosystèmes forestiers évoluent sous l’effet du changement climatique, parfois de manière lente et diffuse, parfois de manière rapide et massive », souligne le rapport Mémento 2025 publié mi-octobre par l’IGN.
Les causes principales identifiées comprennent les sécheresses, les canicules récurrentes ainsi que les bioagresseurs tels que les scolytes qui ravagent notamment l’épicéa commun. L’analyse révèle également que 159 millions de mètres cubes de bois mort sont présents sur pied dans les forêts françaises.
Des conséquences sur la croissance des forêts
L’IGN utilise l’indicateur DEPERIS pour mesurer cette détérioration : environ 193 millions d’arbres, soit 8% du total national, sont désormais altérés ou dépérissants. Certaines régions comme le Grand Est montrent des taux inquiétants avec jusqu’à 26% des frênes touchés.
Parallèlement à cela, la production biologique annuelle du bois s’alourdit avec seulement 87,8 millions de mètres cubes produits par an, contre 91,5 millions il y a dix ans, dévoilant ainsi une baisse significative dans la croissance moyenne des arbres.
Stratégies pour l’avenir
Ce déclin met en péril le rôle crucial des forêts dans La lutte contre le changement climatiqueEn 2024, elles stockent environ 1 350 millions de tonnes de carbone grâce à leurs 11,4 milliards d’arbres. Cependant certaines zones se convertissent en véritables sources émettrices plutôt qu’en puits absorbants : « Si les forêts sont des atouts dans la lutte contre le dioxyde de carbone, elles en sont aussi les victimes », résume l’IGN.
Pour pallier cette situation inquiétante, il est urgent d’adopter des mesures adaptatives rapides. Les experts recommandent notamment diversifier les essences arborées afin d’améliorer leur résilience face aux changements climatiques futurs. Les forêts plantées jouent déjà un rôle vital puisqu’elles représentent deux fois plus que leur homologue naturelle quant à la productivité biomasse totale.
Ainsi se dessine un enjeu majeur pour garantir non seulement la survie des espaces forestiers français mais également leur potentiel dans la lutte collective contre le changement climatique.