L’armée australienne expédie des pièces F-35 à Israël pendant le conflit à Gaza
Des révélations de l’enquête menée par Declassified Australia indiquent que l’armée australienne a transféré des pièces pour les chasseurs F-35 israéliens en avril et juillet 2025. Ces livraisons, effectuées en pleine guerre à Gaza, contredisent explicitement les déclarations du gouvernement australien.

Le 11 juillet dernier, une enquête publiée par Declassified Australia a mis au jour que la Royal Australian Air Force aurait envoyé des composants destinés aux chasseurs F-35 d’Israël depuis ses bases militaires jusqu’à Tel Aviv. Selon des documents de transport aérien, ces pièces ont été envoyées vers l’aéroport de Sydney avant d’être expédiées vers Israël via des vols commerciaux. Cela va à l’encontre des affirmations du gouvernement australien qui, depuis le 7 octobre 2023, dément toute livraison d’armes vers Israël. La ministre des Affaires étrangères, Penny Wong, avait déclaré que l’Australie n’avait pas fourni d’armes à Israël depuis « au moins 5 ans ».
Pour contrer ces accusations, Canberra avait précisé que les pièces de F-35 produites localement étaient destinées à des centres logistiques internationaux, principalement aux États-Unis, sans avoir pour destination directe Israël. Cependant, selon Declassified Australia, les documents analysés révèlent une autre réalité : ces expéditions ont bien été réalisées directement depuis les bases aériennes australiennes jusqu’à Tel Aviv avec un transit via Bangkok.
Les enjeux sont particulièrement préoccupants car les F-35 israéliens sont régulièrement utilisés dans le cadre de frappes sur Gaza qui causent un grand nombre de victimes civiles. En janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) avait établi qu’il y avait un « risque plausible » de génocide dans ce contexte. Depuis lors, les Nations Unies exhortent tous les États à stopper leurs livraisons militaires susceptibles d’alimenter cette violence.
La controverse ne se limite pas seulement au cas australien. D’autres pays comme le Royaume-Uni, l’Italie et le Canada font également face à des critiques ou à des campagnes visant à suspendre leurs exportations militaires vers Israël. Bien que la France ait déclaré ne pas fournir d’armements à l’État hébreu récemment, plusieurs enquêtes soulèvent néanmoins des questions concernant sa transparence sur ce sujet.
Le 12 juin 2025, la Ligue des droits de l’Homme a porté plainte contre la société Eurolinks pour son implication présumée dans la fourniture de maillons pour mitrailleuses destinés à une entreprise israélienne liée au groupe Elbit Systems. Par ailleurs en mars 2024, une enquête révélait qu’un nombre conséquent de milliers de munitions avaient été expédiées depuis la France vers Israël durant l’année précédente tandis qu’une autre source signalait un volume inquiétant d’environ 30 millions d’euros en exportations d’armes vers cet État durant l’année 2023.
La position officielle du gouvernement français précise pourtant que seules « des pièces à vocation défensive » ou « destinées à la réexportation », notamment liées au système antiaérien Dôme de fer israélien seraient concernées par ces transactions armement mais face aux nouvelles révélations et aux déclarations ambiguës du ministre Sébastien Lecornu quant aux licences accordées après octobre 2023 difficile d’affirmer cela avec certitude.