Un système chirurgical robotique autonome atteint un nouveau jalon dans la médecine.
- Un robot autonome a réussi une ablation de la vésicule biliaire sur un cadavre de porc.
- Il utilise une intelligence artificielle avancée pour exécuter des tâches avec précision et s'auto-corriger.
- Cette technologie représente une étape importante, mais nécessite encore des tests et une validation réglementaire.
- Les chercheurs prévoient d'élargir ses applications et d'améliorer sa sécurité avant une utilisation clinique.

Des chercheurs de l’Université Johns Hopkins et de Stanford ont réussi à former un robot pour effectuer une ablation de la vésicule biliaire sans assistance humaine, marquant ainsi une étape importante dans l’automatisation des procédures chirurgicales. Cette avancée pourrait transformer les opérations courantes et présente un potentiel considérable pour l’avenir de la chirurgie.
Une réussite autonome
Le 9 juillet, des chercheurs ont annoncé que leur robot avait mené avec succès une procédure d’élimination de la vésicule biliaire sur un cadavre de porc, sans intervention humaine. L’étude a été publiée dans la revue Science Robotics. Ce projet est dirigé par le professeur Axel Krieger, qui avait déjà utilisé un système antérieur en 2022 pour réaliser la première opération guidée par caméra sur tissu mou.
Technologie avancée
Le robot utilise une nouvelle plateforme d’intelligence artificielle nommée SRT-H (chirurgical robot transformateur-hiérarchie). Grâce à celle-ci, les bras robotiques sont capables d’exécuter des tâches avec « une précision à 100% », se basant sur une formation visuelle similaire à celle des étudiants en médecine. Le SRT-H fait appel aux principes de Computer Vision, permettant au robot d’« voir » et interpréter son environnement comme le ferait un praticien humain.
Krieger souligne : « SRT-H représente un passage fondamental des robots qui peuvent exécuter des tâches chirurgicales spécifiques aux robots qui comprennent les procédures chirurgicales ». Ce système permet également au robot de s’auto-corriger face à des situations imprévues, tel que l’ajout de colorants perturbant l’apparence anatomique.
Réactions et perspectives
Danail Stoyanov, professeur au Département d’informatique de l’Université de Londres, explique que cette recherche met en lumière les progrès réalisés grâce à l’IA et la vision par ordinateur, tout en notant qu’il existe encore plusieurs défis avant sa mise en œuvre clinique généralisée. Il prévient que « de nombreux autres défis restent » tant sur le plan technique que réglementaire.
Selon Krieger, il est nécessaire d’effectuer davantage de tests avant toute application clinique : « Nous avons besoin d’approbation réglementaire pour garantir que la sécurité des patients reste notre priorité ».
Enfin, les prochaines étapes consisteront à former le système sur différents types chirurgicaux afin d’élargir ses capacités et étudier son efficacité face aux divers défis rencontrés lors d’opérations humaines courantes.