Où en est l'enquête sur le tragique déraillement du funiculaire à Lisbonne ?

Lundi 20 octobre, le Bureau d’enquête sur les accidents aériens et ferroviaires (GPIAAF) révélera son « rapport préliminaire » concernant l’accident de funiculaire survenu à Lisbonne début septembre, qui a causé la mort de 16 personnes. Les premières conclusions mettent en lumière des lacunes préoccupantes en matière de sécurité dans ce moyen de transport emblématique.

Rappel des faits tragiques

Le 3 septembre 2023, une cabine du funiculaire de Gloria, datant de 1914, a dévalé rapidement une rue pentue avant de dérailler et de s’écraser contre un bâtiment.

Où en est l’enquête sur le tragique déraillement du funiculaire à Lisbonne ?

Cette tragédie a coûté la vie à 16 personnes, dont cinq Portugais et onze étrangers : trois Britanniques, deux Sud-Coréens, deux Canadiens, une Française, une Suissesse, un Américain et un Ukrainien. Une vingtaine d’autres passagers ont également été blessés.

Les premières enquêtes révèlent des failles

Le GPIAAF devrait fournir plus d’informations après avoir publié une première « note informative » trois jours après l’événement fatal.

Il est prévu qu’un rapport final avec des recommandations soit disponible dans un délai d’un an. En attendant, si les investigations prennent plus de temps que prévu, un rapport intermédiaire pourrait être diffusé pour faire le point sur les avancées. Selon les premiers éléments communiqués par le GPIAAF, l’accident serait dû à « la déconnexion du câble entre les deux cabines ».

Ce câble avait été inspecté le matin même sans qu’aucune anomalie ne soit détectée.

Des systèmes fragiles en question

Carlos Neves, ingénieur président du collège d’ingénierie mécanique de l’Ordre des ingénieurs au Portugal, souligne qu’« l’inspection visuelle programmée n’a détecté aucune anomalie sur le câble ». Toutefois, les points critiques où se fixe ce câble ne sont examinables que lors de leur remplacement tous les deux ans.

Il faut noter que bien que le conducteur ait activé les deux systèmes de frein disponibles sur la cabine au moment du drame, ces dispositifs n’étaient pas suffisants pour contenir la descente sans assistance du contrepoids. Neves insiste : « C’est une faille structurelle de sécurité… Ce qui est dramatique c’est que nous avions une bombe à retardement entre les mains ». Il se questionne également sur pourquoi aucune mesure n’avait été prise après un précédent incident mineur en 2018 qui aurait pu justifier des améliorations en matière de sécurité.

Face aux événements récents et à cette tragédie inutilement évitable souligne-t-il : « Comment se fait-il qu’un transport public ne disposait pas d’un système efficace ? » En attendant la réponse à ces questions cruciales pour la sécurité publique dans Lisbonne, toutes activités des autres funiculaires ont été suspendues par ordre municipal afin d’évaluer leurs conditions sécuritaires avant reprise éventuelle.

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