Dans son nouveau film, « Chien 51 », le réalisateur Cédric Jimenez adapte le roman d’anticipation de Laurent Gaudé avec des ambitions élevées. Pourtant, l’œuvre peine à se démarquer face aux références emblématiques du genre, telles que « Blade Runner » et « Les Fils de l’homme ».
Un futur dystopique au cœur de Paris
L’intrigue se déroule dans un futur proche, où Paris est scindé en trois zones stratifiées par les classes sociales. L’intelligence artificielle ALMA transforme la fonction policière jusqu’à ce qu’un meurtre vienne bouleverser cet équilibre. Deux policiers aux caractères opposés, Salia et Zem, doivent faire front commun pour élucider cet assassinat.

Des promesses inachevées
La critique de Paris Match note le courage de Cédric Jimenez et de ses producteurs dans leur quête d’un grand spectacle à la française. Malgré cela, le film reçoit une note inférieure à la moyenne avec un 2/5. Les scènes d’action sont mentionnées comme efficaces et Gilles Lellouche est salué pour son interprétation crédible du policier Zem. Ce dernier demeure humain malgré les difficultés du monde qui l’entoure.
La transposition de l’intrigue originale depuis la Grèce vers Paris était audacieuse mais s’avère problématique. Le film ne réussit pas vraiment à capturer une capitale divisée qui incarne pertinemment les disparités économiques entre pauvres, privilégiés et super-riches au sein des monuments historiques français.
Comparaisons infructueuses
L’environnement dystopique évoqué dans « Chien 51 » souffre énormément des comparaisons avec ses prédécesseurs tels que « Blade Runner » ou « Les Fils de l’homme », deux œuvres marquantes ayant également tiré leur contenu littéraire. La faiblesse réside non seulement dans le contraste visuel mais aussi sur le plan narratif ; alors que ces classiques proposaient une réflexion profonde sur un avenir dominé par le capitalisme via l’IA, « Chien 51 » mise davantage sur une intrigue policière peu innovante.
Le film offre quelques moments intrigants grâce à la présence rare d’un personnage anti-IA joué par Louis Garrel, dont le destin prend une tournure plus sombre que celle initialement présente dans le livre.
À réfléchir sur notre futur numérique
Ainsi, bien qu’il y ait des éléments intéressants au sein du film et un réel potentiel évident chez ses créateurs, « Chien 51 » pourrait laisser certains spectateurs sur leur faim quant aux réflexions profondes promises par son matériau source. Cette œuvre semble interroger notre relation contemporaine aux nouvelles technologies tout en s’inscrivant maladroitement dans l’héritage hautement prestigieux des récits d’anticipation qui ont précédé son arrivée en salles.