Bernard d’Ormale doit quitter la Madrague et va intégrer un logement social de 25 mètres carrés mis à sa disposition par la mairie de Saint-Tropez. Ce départ intervient alors que les biens de Brigitte Bardot ont été vendus aux enchères et que la gestion de ses propriétés et de ses animaux fait l’objet de désaccords entre les parties.

Une vente aux enchères contestée
Bernard d’Ormale n’était pas au courant de la vente de la 4L de la Garrigue, intervenue mi-septembre. Il a assisté, impuissant, à la vente aux enchères organisée le 21 septembre à Drouot, qui a rapporté près d’un million d’euros à la Fondation et à Nicolas Charrier, fils de l’actrice. Les objets proviennent « à 90 % » de l’appartement parisien de Brigitte Bardot, situé dans le 16e arrondissement, dont elle a légué la nue-propriété à son fils et l’usufruit à Bernard d’Ormale.
Pour Max Guazzini, la rapidité de l’opération s’explique ainsi : « Il fallait vider l’appartement du 16e pour le mettre en vente. » Il ajoute que la vente a été accélérée parce que Bernard d’Ormale a accepté de céder son usufruit à bon prix. Selon lui, celui-ci touchera 30 % de la vente, « ce qui n’est pas rien », et la Fondation a « besoin d’argent » pour la nourriture et les sauvetages d’animaux.
La Fondation aurait par ailleurs 35 millions d’euros de placements financiers, un montant que dément sa directrice générale, Ghislaine Calmels-Bock : « Je n’ai pas ces chiffres en tête. Mais si on avait thésaurisé 35 millions d’euros, je pense que le ministère de l’intérieur, qui siège à notre conseil d’administration, aurait réagi tout de suite. » De son côté, Bernard d’Ormale, qui affirme que des biens vendus lui appartenaient, a déposé plainte pour vol contre la direction de la Fondation et s’apprête à en déposer trois autres. La Fondation maintient qu’il était au courant et qu’il avait participé à l’inventaire.
Un testament récemment modifié
Le souhait de la Madrague devenir un musée a-t-il été maintenu ? Ghislaine Calmels-Bock affirme que non : « Brigitte avait récemment modifié son testament. Elle a écrit devant notaire qu’elle dispensait la Fondation d’en faire un musée. » La propriété représente une charge, et la Fondation réfléchit à la manière de la rentabiliser. Elle pourrait être ouverte à de petits groupes sur rendez-vous, quelques mois dans l’année. « Ça ne peut pas être un musée, l’endroit est absolument impraticable, par la route comme par la mer », ajoute-t-elle.
Concernant la Garrigue, la directrice générale indique qu’elle appartient à la Fondation, Brigitte Bardot l’ayant léguée lors de l’ouverture de son testament devant notaire, en présence de Jacques Charrier. Elle confirme avoir été approchée par des acheteurs et insiste : « La Garrigue n’est pas à vendre. » Max Guazzini estime pour sa part que la configuration du site ne se prête pas à un refuge : « C’est une pinède, ce n’est pas clôturé… C’est le conseil d’administration qui décidera si on la vend ou si on la garde. »
Des animaux aux soins incertains
Dans la propriété de la Garrigue, il ne reste que six chats sur les quinze recensés, selon le décompte mentionné dans l’article. Les chiens ont été transférés au refuge de Bazoches en mars, et la jument Mistie a été euthanasiée quelques jours après la mort de l’actrice. Sur qui s’occupe de ces animaux, Ghislaine Calmels-Bock reste évasive : « On est en train de s’organiser, on va certainement engager un régisseur. » Max Guazzini, lui, reconnaît : « Jusqu’à présent, il y avait Bernard… Je ne sais pas, honnêtement, qui leur donne à manger. »
À la Madrague, le chat Monsieur Pétard, âgé de 19 ans, s’est noyé dans la piscine, la veille d’une visite chez le vétérinaire programmée pour une piqûre de cortisone. Face aux critiques, la dirigeante de la Fondation assure : « Je ne laisserai personne, mais personne, douter de l’amour et du respect que je porte aux animaux. »
Les derniers jours
Brigitte Bardot avait été hospitalisée en urgence le 27 septembre 2025 à l’hôpital privé Saint-Jean de Toulon pour une occlusion intestinale. Le 27 décembre, une infirmière envoyée par l’équipe médicale s’est présentée à la Madrague pour lui poser une perfusion, et Bernard d’Ormale l’a rabrouée. Selon le personnel médical, un signalement devait être fait au parquet. Sylvie Siri, maire de Saint-Tropez, a alerté le procureur de Draguignan, et deux gendarmes se sont présentés à 18 h. Bernard d’Ormale ne les a pas fait entrer, expliquant que Brigitte dormait. Le lendemain matin, l’actrice est morte.
Le 7 janvier 2026, ont eu lieu ses obsèques. Sur le répondeur de la Fondation, la voix de l’actrice ne répond plus aux appels.