À 73 ans, le cardinal français Dominique Mamberti se prépare à un événement marquant de sa vie : l’annonce du nouveau pape devant près d’un milliard de catholiques. Ce moment crucial, semblable à celui du roi Georges VI dans « Le Discours d’un roi », mettra en lumière la détermination de cet homme face à ses défis personnels, notamment son bégaiement et sa timidité.
Né à Rabat et élevé en Corse, Dominique Mamberti est juriste et actuellement président du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique au Vatican. Son parcours diplomatique a débuté sous Benoît XVI, avant d’être nommé par François. En tant que « cardinal diacre » le plus ancien et protodiacre désigné, il est chargé d’annoncer le nom du nouveau souverain pontife lors de ce conclave.

Une timidité palpable
Mamberti souffre d’une « timidité légendaire ». Selon « le cardinal Tauran, son prédécesseur », « Il est tellement timide que quand vous êtes avec lui, vous devenez timide ». Connu pour s’en tenir rigidement aux textes préparés durant ses discours publics, il évite les improvisations.
Cette réserve provient en partie d’un bégaiement surmonté grâce à un travail acharné. Mais des proches expriment que son élocution révèle encore des traces de cette lutte personnelle.
Un rôle décisif
Son défi personnel rendra d’autant plus symbolique sa première apparition sur le balcon de Saint-Pierre après la fumée blanche annonçant l’élection du nouveau pape. Accompagné par deux cérémoniaires, il devra proclamer successivement le nom civil en latin du nouvel élu puis son nom pontifical choisi après qu’il ait considéré la lourdeur de sa nouvelle charge dans l’intimité de la « chambre des larmes ».
Après avoir rempli cette mission historique, Dominique Mamberti s’effacera discrètement devant le visage désormais connu du nouvel élu papal.
Ce moment sera non seulement une passation entre deux leaders spirituels mais aussi une victoire personnelle pour ce haut prélat qui a su surmonter ses appréhensions tout au long de sa carrière.