En 2006, Casino Royale de Martin Campbell a marqué le démarrage de l’ère Daniel Craig dans le rôle de James Bond, établissant un nouveau standard pour les films de la franchise. Cette première adaptation du roman d’Ian Fleming en 1953 a été suivie par une version controversée en 1967 qui s’éloignait du ton sérieux des autres films. Bien qu’il ait réuni un casting prestigieux, ce film demeure une anomalie au sein de la saga Bond.
Quel est le contenu du film original Casino Royale ?
La première adaptation cinématographique de Casino Royale est survenue en 1954, lorsque CBS l’a présenté comme un épisode du programme Climax! Plus tard, les droits avaient été transférés à Gregory Ratoff, puis à Charles K. Feldman dans les années 1960. À cette époque, aucun studio ne semblait intéressé par un film sur James Bond.

Feldman a ainsi gardé les droits sur Casino Royale, profitant du succès des véritables productions Eon avec des titres emblématiques comme Dr No et Goldfinger. Pour éviter que sa version soit comparée aux bons films d’espionnage, il a imité son humour décalé. C’est donc sous forme de parodie comique que ce film fut conçu.
Un fait unique concernant cette version est qu’aucun acteur n’incarne définitivement James Bond ; plusieurs interprètes tels que Peter Sellers et Woody Allen se succèdent sous le nom « Jimmy Bond ». Ce choix souligne la nature bariolée et inclassable de ce film au sein des adaptations bondiennes.
Comment Casino Royale (1967) a-t-il été accueilli par le public ?
Casino Royale (1967) peut sans doute revendiquer être l’unique œuvre bondienne à inclure des éléments aussi farfelus qu’une soucoupe volante ou un royaume infernal. Avec la présence vedette d’acteurs iconiques comme John Huston et Orson Welles, il réussit malgré tout à attirer un large public lors de sa sortie dans les salles.
Cependant, ces atouts n’ont pas suffi à endiguer une vague critique acerbe qui entoura sa sortie. Sa réputation ne s’est guère améliorée avec le temps, étant donné que ses traits caractéristiques des années 60 sont apparus étriqués et anachroniques au fil des ans. Le désavantage était accentué par l’existence d’une autre adaptation bien plus remarquable portant également le même titre.
La présence d’une comédie satirique telle que Austin Powers, qui reprenait clichés et codes des espionnes avec brio, a relevé davantage encore la faiblesse relative de cette version atypique de Casino Royale. Aujourd’hui considéré comme une étrange relique historique, il incarne les excès caractéristiques tantôt grotesques tantôt fascinants des grandes comédies américaines si populaires durant cette époque.
Casino Royale (1967) est désormais accessible en streaming sur Tubi mais reste davantage reconnu pour son statut culte plutôt que pour sa qualité intrinsèque.