Chapô : La ville temple de Dharmasthala, au Karnataka, est secouée par des accusations gravissimes d’abus sexuels et de meurtres à caractère systémique. Un ancien employé a témoigné, révélant des horreurs perpétrées pendant près de deux décennies.
Des révélations glaçantes
Un lanceur d’alerte, ancien agent d’entretien du temple de Dharmasthala, a pris la parole début juillet devant un tribunal indien, masqué pour sa sécurité. Âgé de 48 ans et ayant travaillé dans le temple dédié à la divinité Shiva jusqu’en 2014, il a évoqué un tableau cauchemardesque marqué par des viols, tortures et meurtres depuis 1995. L’homme affirme avoir été contraint de dissimuler les corps des victimes.

Cinq ans après son départ du temple, rongé par la culpabilité et des cauchemars récurrents, il s’est décidé à témoigner des atrocités auxquelles il avait assisté et dont il se sentait complice. Selon lui, « ce qui a commencé comme un emploi régulier s’est transformé en un travail de dissimulation de preuves de crimes horribles ».
La découverte tragique
En scrutant les berges de la rivière Nethravathi, l’employé raconte avoir découvert des corps féminins dès ses premiers jours au service du temple. Initialement pensés comme victimes de noyades ou suicides, ces cadavres portaient souvent des traces évidentes de violence et étaient nu ou partiellement dévêtus.
L’horreur culmine en 1998, lorsque face à une demande explicite d’enterrer un corps sous menace physique, « Nous te découperons en morceaux… », l’employé cédera pour ne pas mettre sa vie en danger. Il commencera alors une sinistre carrière nocturne consistant à enterrer clandestinement les restes d’innocentes jeunes filles.
Casuistique macabre
Il se remémore notamment le cas atroce d’une jeune fille âgée entre 12 et 15 ans qu’il aurait dû enterrer après l’avoir retrouvée strangulée : « Ils m’ont demandé de creuser une fosse et de l’enterrer avec son cartable ». Les policiers locaux ont signalé que nombre des disparitions inexpliquées dans la région pourraient correspondre aux faits rapportés par ce témoin.
Leurs enquêtes mentionnent également plusieurs décès non élucidés touchant tant les femmes que certains hommes issus des milieux précaires assassinés pour servir les intérêts du temple.
Dénonciation familiale
Explore sur cette situation sombre existe également un écho familial exprimant leur impuissance face au silence persistant qui règne autour du temple millénaire. Padmalatha, étudiante disparue en 1986, est citée parmi les affaires non résolues qui suscitent l’intérêt suite au témoignage récent; son corps avait été retrouvé pieds et poings liés près d’un cours d’eau. De même pour KJ Joy, dont la mort fut initialement qualifiée banal accident alors qu’un conflit foncier lui avait coûté cher selon son fils.
Depuis ces allégations graves émises par le lanceur d’alerte, le gouvernement local du Karnataka a mis sur pied une équipe spéciale dédiée (SIT) pour examiner cette affaire enfouie sous une omerta institutionnalisée dans cette ville réputée pour sa spiritualité harmonieuse où coexistent diverses croyances religieuses.
Dans ce cadre anachronique où tradition juridique habituelle contraste avec autorités civiles modernes, poursuivre ces investigations représente déjà un défi majeur tant le pouvoir clérical semble enraciné dans tous les aspects sociaux fondamentaux gravitant autour du complexe religieux vénéré depuis plus huit siècles.