John Nelson, chef d’orchestre américain de 83 ans, est décédé à Chicago le 31 mars. Sa passion pour Hector Berlioz a marqué sa carrière de plus de cinquante ans entre l’Europe et les États-Unis. Il laisse derrière lui un héritage musical riche et des contributions importantes à la reconnaissance du célèbre compositeur français.
La passion de John Nelson pour Hector Berlioz a redynamisé son œuvre
John Nelson a toujours été reconnu comme un fervent défenseur de Hector Berlioz, compositeur français emblématique du XIXe siècle. Il a consacré sa carrière à jouer et promouvoir ses œuvres, en particulier l’opéra monumental Les Troyens. La performance à Carnegie Hall en 1972 fut révolutionnaire, avec des critiques louant cette interprétation brillante. Dans une critique des années 2017 par le Daily Telegraph, il était noté que John Nelson est clairement né avec Berlioz dans ses gènes. Cette observation témoigne de son lien exceptionnel avec le compositeur dont il disait : Mon Dieu est mon compositeur.

Les enregistrements marquants et reconnaissances
Les enregistrements réalisés par Nelson, notamment celui de Les Troyens avec l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, ont reçu des éloges considérables. Le Monde les qualifiait d’Enregistrement exceptionnel, tandis que la revue Gramophone décrivait son travail comme établissant une nouvelle référence passionnante pour cet opéra épique. L’année précédant sa mort, M. Nelson se remémorait ces efforts avec beaucoup d’humilité. Dans une interview de 1988, il exprimait l’importance des détails dans la musique : Je parle ici des soins apportés aux plus petits détails dans les partitions.
Une vie dédiée à la musique classique
Né le 6 décembre 1941 au Costa Rica, John Wilton Nelson était fils de missionnaires protestants. À seulement onze ans, il s’établissait aux États-Unis où il débute ses études musicales avant d’intégrer Juilliard sous Jean Morel. Sa carrière prit véritablement son envol après avoir dirigé le Metropolitan Opera en remplacement au printemps suivant sa première présentation de Les Troyens. Un critique souligna son autorité naturelle lors cette prestation mémorable. Il dirigea ensuite prestigieux orchestres tels que ceux de Boston et Chicago tout en étant directeur musical pendant dix ans à l’Orchestre Chamber of Paris.
Un héritage durable et une reconnaissance tardive
Malgré ses contributions indéniables au monde musical, certains amateurs croyaient encore qu’il avait porté une réputation mitigée concernant Berlioz : En France, à l’époque… c’était hors discussion, affirmait-il récemment lors d’un entretien où il mentionnait la lente reconnaissance posthume du compositeur. Ses proches incluent deux filles et plusieurs petits-enfants qui pleurent cet artiste dédié. Alain Lanceron déclarait sur France Musique après son décès que ce qui transparaissait dans ses travaux attestait bien de son humanité. Enfin, M. Nelson déclarait humblement : Si je me sers ou si je sers autre chose que le compositeur, je suis malhonnête. Ces mots résonnent comme testament pur afin souligner sa foi inébranlable envers la musique qu’il chérissait tant.