Chine : Tianwen-1, Un Élan Vers Mars
- La Chine a réussi à envoyer un rover sur Mars en 2021 avec la mission Tianwen-1.
- Elle a utilisé une méthode innovante, combinant orbiteur et atterrisseur, pour réduire les risques d'atterrissage.
- Malgré cette réussite, ses capacités techniques restent limitées par rapport aux missions américaines.
- Pékin prépare déjà une nouvelle mission pour ramener des échantillons martiens avant les États-Unis.

En juillet 2020, la Chine a lancé sa première mission martienne, Tianwen-1, visant à placer le rover Zhurong sur la planète rouge. Ce projet audacieux marque une avancée significative dans le programme spatial chinois et positionne Pékin aux côtés des États-Unis dans l’exploration de Mars. Francis Rocard, astrophysicien au CNES, en souligne l’importance historique.
Le Lancement Historique
Le 23 juillet 2020, Tianwen-1 décolle depuis le centre spatial de Wenchang. La sonde comprend un orbiteur, un atterrisseur et un rover intégrés dans une seule mission. Après sept mois de voyage spatial, la sonde entre en orbite martienne en février 2021.
L’Atterrissage Réussi
Le 14 mai 2021, Zhurong se pose dans les plaines d’Utopia Planitia, devenant ainsi le premier rover chinois sur Mars. Francis Rocard indique : « Beaucoup pensaient que ça allait rater, mais au contraire, ça a parfaitement fonctionné ». Cet exploit propulse la Chine parmi les rares nations à avoir réussi cette opération.
Une Approche Innovante
L’approche de Tianwen-1 diffère de celle des missions précédentes. Comme l’explique Rocard : « Les Chinois ont reproduit le schéma Viking » en mettant d’abord la sonde en orbite avant de libérer l’atterrisseur. Cette méthode réduit la vitesse lors de l’entrée atmosphérique, facilitant ainsi les manœuvres complexes.
Limitations Techniques
Cependant, cette réussite s’accompagne de concessions techniques. La sélection du site d’atterrissage était restreinte par des contraintes géographiques et le rover présente des capacités limitées pour transmettre des données scientifiques. Comparé à Perseverance, qui pèse près d’une tonne contre seulement 240 kg pour Zhurong, cet écart traduit aussi une différence technologique notable.
Communication sous Contrôle
La communication autour du succès martien chinois est moins flamboyante qu’aux États-Unis. Selon Rocard : « C’est dans l’ADN chinois… Tout est imbriqué entre civil et militaire ». Cela limite la diffusion d’informations comparativement à celle de la NASA qui communique plus largement sur ses exploits spatiaux.
Projet Futuriste : Tianwen-3
Avec une vision tournée vers l’avenir, Pékin prépare déjà sa prochaine mission Tianwen-3, prévue pour 2030 afin de ramener des échantillons martiens sur Terre. Rocard estime qu’il n’est pas exclu que cela se fasse avant les États-Unis compte tenu des difficultés actuelles rencontrées par la NASA.
Cette nouvelle ambition s’appuie sur une stratégie simplifiée avec un atterrisseur chargé d’échantillonner et d’un module retour automatique vers Mars pour rejoindre un orbiteur installé autour de la planète rouge.
Pékin cherche ainsi à réaliser ce que Perseverance a entrepris tout en ciblant un site unique pouvant potentiellement permettre à la Chine d’être reconnue comme la première puissance à rapporter un morceau de Mars malgré les limitations imposées par cette approche plus restrictive.
Cet engagement marque non seulement des avancées scientifiques mais également un symbole puissant pour le régime chinois comme facteur galvanisateur de fierté nationale dans leur parcours spatial face aux États-Unis.