Les Cinq de Central Park : l'opéra de Detroit sous les projecteurs de Trump

L’Opéra de Detroit s’attaque à une page sombre de l’histoire américaine avec « The Central Park Five »

Dans un contexte politique tendu, l’Opéra de Detroit se prépare à présenter une nouvelle version de l’opéra « The Central Park Five ». Ce dernier évoque l’histoire tragique des cinq jeunes hommes noirs et latinos condamnés à tort pour le viol d’une joggeuse en 1989.

Le rôle controversé de Donald Trump

L’œuvre, composée par Anthony Davis et écrite par Richard Wesley, met en avant le rôle controversé de Donald Trump, qui avait appelé à la peine de mort pour les accusés dans des publicités telles que : « Je veux qu’ils aient peur ». La répétition récente a débuté alors que Trump reprend du poil de la bête sur la scène politique.

Les Cinq de Central Park : l’opéra de Detroit sous les projecteurs de Trump

Financement et anticipation des risques

Ce nouvel opus est aussi partiellement financé par le National Endowment for the Arts. Malgré cela, ce financement a été accordé avant que l’administration Trump ne commence à réduire les budgets alloués aux organisations culturelles.

Le ténor Todd Strange, chargé d’incarner Trump, admet ressentir une certaine appréhension face au personnage qu’il représente mais déclare : « La peur ne peut pas m’empêcher de faire cela ». En parallèle, il est important que l’équipe ait anticipé les risques liés à cette production tant sur le plan artistique qu’en matière de sécurité. Des mesures supplémentaires ont été mises en place comme des détecteurs de métaux à l’entrée et un programme d’assistance aux employés.

La mission culturelle de l’Opéra de Detroit

Le directeur artistique Yuval Sharon souligne que cet opéra « mérite tellement d’être dit », affirmant que leur mission n’est pas politique mais culturelle : « Nous servons la ville de Détroit et la grande région ».

Les poursuites en diffamation

Les ex-infirmiers Yusef Salaam, Raymond Santana, Korey Wise, Kevin Richardson et Antron McCray poursuivent Trump en diffamation après ses déclarations erronées lors d’un débat présidentiel où il a insinué leur culpabilité malgré leur exonération en 2002. Ils ont passé entre sept et treize ans derrière les barreaux avant qu’un homme nommé Matias Reyes n’avoue être le véritable auteur du crime.

Le regard sur cette histoire aujourd’hui

Le regard porté sur cette histoire résonne particulièrement aujourd’hui avec le retour éventuel au pouvoir de Trump. Selon le compositeur Anthony Davis : « Ils essaient d’effacer l’histoire. Je ne pense pas que nous puissions le permettre ». Le président du conseil d’administration de Detroit Opera affirme son soutien indéfectible envers cette production qui reflète les expériences vécues par une partie importante du public.

La dernière fois où cette pièce a été programmée remonte à deux ans, bien avant les récents changements politiques menaçant la liberté artistique. Les membres du casting expriment apparemment tous un désir ardent voire urgent d’aborder ces questions sociopolitiques contemporaines. Nataki Garrett conclut : « Vous continuez à raconter une histoire comme celle-ci jusqu’à ce que vous n’ayez plus à le faire ».

Avec des enjeux artistiques et sociaux aussi forts, Detroit Opera ne cache pas ses ambitions tout en restant vigilant face aux défis imminents posés par son audace créative dans un climat incertain.