Chapô : Paul Lederman, l’imprésario incontournable des stars françaises des années 60 et 70, a su façonner les carrières d’icônes comme Claude François et Thierry Le Luron. Avec une approche novatrice du spectacle, il a permis à ses poulains de s’établir durablement dans le paysage musical.

Les débuts avec Claude François
À la fin de l’année 1962, le succès fulgurant de « Belles, belles, belles ! » consacre Claude François, alias Cloclo, en tant qu’idole yéyé. Pour assurer la pérennité de sa carrière, Paul Lederman est nommé impresario de l’artiste par le P-DG de Philips. Lederman investit son énergie pour aider François à établir sa réputation sur le long terme tout en orchestrant des tournées à travers la France. Grâce à cette collaboration étroite, Cloclo devient un chanteur populaire.
Conscient que son protégé doit se renouveler pour éviter l’essoufflement commercial, Lederman encourage Claude François dès 1966 à réinventer son image. La formule magique apparaît avec les célèbres ClodettesEn cas de baisse d’attention médiatique – comme en 1970 lors d’un concert à Marseille -, Lederman n’hésite pas à simuler un malaise afin de raviver l’interêt autour du chanteur hospitalisé.
Bertrand Tessier, auteur du livre La dernière nuit de Claude Françoissouligne que « Lederman a inventé son propre rôle et une nouvelle façon de mener la carrière d’un artiste ». Il était « producteur, attaché de presse, comptable », menant ainsi une gestion complète et personnalisée sous tous les aspects.
Fin d’une coopération emblématique
L’association entre Paul Lederman et Claude François prend fin en 1971 lorsque ce dernier commence à se tourner vers le business. Selon Tessier : « Dès que leur complémentarité a disparu, il est parti ». En parallèle, Lederman prend sous son aile Thierry Le Luron alors âgé seulement de 19 ans. Il met en place un plan stratégique sur deux ans pour faire exploser la carrière du jeune imitateurs grâce notamment au médias et au disque Olympia 71 qui devient tendance malgré sa diffusion limitée.
Avec un second poulain – Coluche, il mise sur une stratégie encore plus audacieuse : cliver puis rassembler dans ses spectacles télévisés tels que “L’histoire d’un mec”. Coluche va devenir incontournable grâce aux conseils avisés de Lederman qui affirme qu’il est essentiel « donner une image simple au public ».
Une méthode toujours innovante
Indépendant depuis quelques temps et entouré par Claude Martinez, Paul Lederman se concentre exclusivement sur un artiste tout en cherchant continuellement des nouvelles associations durant les périodes charnières. Il invite Le Luron lors des concerts même si cela irrite parfois Jean-Claude François lui-même.
En 1985, lorsqu’une farce matrimoniale est organisée entre Coluche et Le Luron visant Yves Mourousi pour faire buzz médiatique , Lederman comprend bien l’intérêt marketing derrière cet événement savamment orchestré.
Paul ne délaisse cependant pas ses autres projets artistiques ; il produit également les débuts d’artistes comme Michèle Torr ou Mike Brant tout en gardant un œil attentif sur les nouveaux talents émergents comme Olivier Lejeune ou Patrick Green.
Olivier Lejeune raconte comment dès 1974, après avoir proposé une idée innovante autour des hommes politiques chantants leurs réponses aux questions posées par eux-mêmes via chanson : ‘’C’est une excellente idée », lui répond ledarman enthousiaste.Sa rigueur dans le processus créatif impressionne ses artistes : cinquante prises sont nécessaires jusqu’à obtenir satisfaction !
Paul a su s’adapter aux enjeux fluctuants du monde artistique tout en faisant s’envoler les ventes avec brio – devenant seul maître architecte derrière leurs succès respectifs grâce à ses stratégies audacieuses sans jamais trahir leur essence respective.