En Colombie, ces agriculteurs préfèrent cultiver le café plutôt que la cocaïne

Nariño : entre café et cocaïne, un territoire en quête de paix

  • La région de Nariño lutte contre la culture illégale de cocaïne en favorisant celle du café.
  • Les initiatives locales cherchent à relier économie, paix et valeurs communautaires.
  • Le succès repose sur l’engagement des agriculteurs et des autorités pour transformer l’économie locale.
  • Malgré les progrès, certains habitants restent attirés par les gains rapides du narcotrafic.

En Colombie, ces agriculteurs préfèrent cultiver le café plutôt que la cocaïne

La région de Nariño, au sud-ouest de la Colombie, est à la fois un havre de beauté naturelle et le cœur d’un des plus grands problèmes mondiaux liés à la drogue. Alors que 69 000 hectares y sont consacrés à la culture de la coca, des initiatives locales tentent d’orienter les agriculteurs vers des cultures légales comme le café.

Gabriel Chicaiza Barrios, cultivant son café dans sa finca Campo Bello, témoigne : « Cultiver le café, c’est tisser un lien avec la nature. » Ce producteur de 74 ans souligne l’importance du retour à une vie enracinée dans des valeurs familiales et communautaires, loin du narcotrafic qui gangrène leur région. En dépit du fait que 2 700 tonnes de cocaïne ont été produites par la Colombie en 2024, les espoirs résident dans le modèle économique du café.

Adrian Armero Martinez est l’un des jeunes producteurs prometteurs, ayant remporté deux fois le prix du meilleur café de Colombie. Il explique sa démarche pour éloigner ses enfants des choix destructeurs : « Nous cherchons à éviter que nos enfants ne tombent dans la coca ou dans l’opium. »

Les autorités locales aussi œuvrent pour ce changement. À San Juan de Pasto, Luis Alfonso Escobar, gouverneur de Nariño depuis janvier 2024, a déjà réussi à signer un accord pour arracher 5 000 hectares de plantations illégales et affirme qu’ils cherchent à construire les infrastructures nécessaires pour transformer cette économie illicite en une prospérité durable liée au café.

Escobar note que « ce département sort de trente-cinq ans de guerre », rappelant qu’environ 44 500 personnes ont perdu la vie durant ce conflit. Ses efforts ont permis une réduction significative des assassinats, ils sont passés de 599 en 2023 à 122 en 2024, témoignant d’un pas vers la tranquillité.

L’organisation Tierra Tinto est également impliquée aux côtés d’Antoine Nétien et Valentina Narvaez Belalcazar pour promouvoir les cafés locaux sur le marché international. Narvaez résume ainsi : « Acheter du café de Nariño, c’est acheter un peu de paix. »

Cependant, malgré ces avancées réjouissantes, plusieurs habitants continuent face aux pressions économiques encouragées par le narcotrafic. Hector Santacruz partage son expérience douloureuse liée à ses années supplémentaires avec Coca : « Quand on fait de la coca, on a toujours peur. Je m’occupais d’améliorer ma production. »

Francisco Antonio Estaisa avertit quant au danger lié aux gains rapides offerts par le trafic : « Mes copains gagnent jusqu’à trois fois plus que moi… Tu ne gagnes pas que de l’argent ; tu gagnes aussi des ennemis. »

Initiatives locales

Retour à la culture familiale et communautaire

Transformation économique vers le café

Dans cette lutte complexe entre le passé sombre lié aux drogues et l’avenir lumineux promis par une agriculture durable comme celle du café colombien traditionnellement renommé mondialement, est mis en avant non seulement l’attachement culturel mais aussi l’espoir d’une renaissance pacifique pour toute une communauté où s’est développé un fort sentiment d’identité autour du café.

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