Chapô

La Colombie fait face à une recrudescence d’activité des cartels de la drogue, qui investissent dans la construction de semi-submersibles pour transporter de la cocaïne. Ces embarcations, difficiles à détecter par radar, représentent un défi croissant pour les autorités colombiennes.
Investissement des cartels dans la technologie
D’après Juana Cabezas, chercheuse à l’Institut colombien d’études sur le développement et la paix, les cartels mexicains ont commencé à « embaucher des experts en technologie et des ingénieurs pour développer un sous-marin sans pilote » dès 2017. La construction d’un tel engin peut coûter moins cher que prévu, avec des estimations variant entre 150 000 dollars et jusqu’à 2 millions de dollars.
Risque pénal attaché aux semi-submersibles
En Colombie, la loi punit sévèrement l’utilisation, la construction, la possession et le transport de semi-submersibles. Les peines peuvent atteindre jusqu’à 14 ans de prison pour ceux qui sont pris en flagrant délit.
Dissémination croissante des semi-submersibles
Malgré que la majorité de la cocaïne continue d’être introduite clandestinement par le biais de porte-conteneurs, les sous-marins narcotiques prennent une place prépondérante dans les opérations transocéaniques. Au cours du premier semestre 2025, 10 semi-submersibles ont été détectés par la marine colombienne dans diverses régions du pays. Ces embarcations sont spécifiquement adaptées afin d’échapper aux radars et possèdent une autonomie partielle.
Sergio Guzmán, directeur de Colombia Risk Analysis a noté qu’il ne s’agissait probablement pas du premier déploiement d’un tel engin : « Les autorités ont un temps de retard sur les criminels dans ce genre de cas ». Il a également déclaré qu’il serait « très difficile » pourColombie et ses voisins « de suivre le rythme » sans améliorer le partage d’informations et renforcer leur coopération.
Cette situation soulève des enjeux cruciaux concernant non seulement l’efficacité des politiques anti-drogue mais aussi les nouvelles technologies utilisées par ces organisations criminelles qui évoluent plus rapidement que leurs poursuivants.