Une nouvelle tendance dans la rémunération des comptes courants

De plus en plus de banques en ligne commencent à rémunérer les comptes courants de leurs clients, offrant ainsi un nouvel avantage pour les épargnants. Cette décision intervient alors que les Français détiennent en moyenne 7 701 € sur leurs comptes sans percevoir d’intérêts. Des fintechs comme Sumeria et le néerlandais Trade Republic adoptent des modèles qui bousculent le secteur bancaire traditionnel.
Un marché jusqu’ici figé
D’après la Banque de France, les montants élevés laissés sur les comptes courants ne rapportent rien aux particuliers, mais profitent aux banques qui placent cet argent auprès de la Banque centrale européenne. Cela fait près de six décennies que la plupart des grandes banques ont choisi de ne pas verser d’intérêts en échange de la gratuité des chèques.
« Si toutes les banques faisaient comme nous, les Français toucheraient 11 milliards d’euros d’intérêts par an », affirme Cyril Chiche, co-fondateur de Sumeria, une entreprise qui rémunère désormais l’argent laissé sur ses comptes à hauteur de 2% brut depuis 2024 (4% pour initialiser durant trois mois). Ce bénéfice est limité à 5 000 € (et atteint jusqu’à 100 000 € pour un compte premium), avec pour condition l’utilisation fréquente (au moins dix fois par mois) d’une carte bancaire associée.
Les nouvelles offres attractives
À côté, Monabanq, une filiale du Crédit mutuel, propose également un taux similaire : 2% brut pendant un an pour ses nouveaux clients avec un montant maximal plafonné à 4 000 €, tout en requérant dix paiements mensuels.
Trade Republic, quant à lui, lance dès 2025 un véritable « compte courant » directement aligné sur le taux actuel fixé par la Banque centrale européenne (soit actuellement 2%), sans plafond ni conditions spécifiques. Vincent Grard, directeur France, insiste : « L’argent des clients, ce n’est pas le nôtre. La rémunération doit revenir à ceux à qui il appartient. »
Des alternatives mal comprises
Il existe cependant plusieurs offres dites « comptes d’épargne rémunérés » proposées par certaines néobanques telles que Revolut, N26 ou Bunq, souvent susceptibles d’induire en erreur car elles ne permettent pas une gestion quotidienne classique comme celle offerte par un compte courant standard.
Ces véritables comptes rémunérés visent clairement à s’installer durablement comme banquier principal auprès des utilisateurs. Pour approximativement 12% des Français ayant plus de 10 000 € dormant toute l’année sur leur compte courant, cette option mérite réflexion. Cyril Chiche souligne que « les intérêts sont calculés chaque jour et versés chaque mois », ce qui permettrait même environ 202 euros annuels avant impôts pour une somme mise au taux opportun choisi.
Vincent Grard renforce cette idée : « L’argent travaille dès le premier jour et sans qu’on y pense. Une vraie solution anti-gaspi ».
Considérations fiscales
Pour ces produits financiers par défaut soumis à la flat tax fixée à 30%, incluant donc taxes et prélèvements sociaux ou possibilité pour certains contribuables peu imposés d’opter pour le barème progressif applicable. Bien que cela ne transforme pas ces épargnants en rentiers heureux du jour au lendemain, cela représente indéniablement une opportunité intéressante dans l’optique fiscale et économique prévue pour l’année fiscale suivante se terminant après août prochain.
Dans un contexte où chaque euro compte davantage face aux incertitudes économiques actuelles due au climat financier global tendu notamment dues aux effets post-COVID-19 amplifiés par divers conflits globaux ayant conduit parfois au resserrement monétaire prévu ; surveiller cette brèche pourrait bien devenir crucial. «