Moins d’une semaine après sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité, Marine Le Pen rassemble des militants
Le dimanche 6 avril, malgré une mobilisation logistique considérable incluant près de vingt bus, Marine Le Pen a tenté d’attirer ses supporters sur la place Vauban, qui était loin d’être comble. Les organisateurs ont affirmé avoir rassemblé « plus de 10 000 » personnes, bien que les observateurs notent qu’il y avait seulement un peu plus de 2 000 militants présents, munis de drapeaux tricolores et de pancartes proclamant « Marine présidente ».

À proximité des Invalides, dans ce quartier cossu du 7ème arrondissement, le meeting avait pour but de faire bloc autour de Marine Le Pen suite à sa récente condamnation. L’événement revêtait des allures pénibles car la culture des manifestations au sein du RN n’est pas très établie.
Évacuation des militantes Femen lors du rassemblement
Au cours du rassemblement, trois militantes Femen se sont fait remarquer par leur présence provocante en torse nu avant d’être rapidement évacuées par le service d’ordre lorsque l’une d’elles a crié : « Marine et les fachos, au cachot ! ». Sur scène, une centaine d’élus du RN attendaient leur tour avant le début officiel des discours.
Louis Aliot a critiqué avec véhémence l’« oligarchie » qui dirigeait à la fois l’Europe et la France tout en saluant quelques figures emblématiques de la droite radicale française comme Philippe de Villiers ou Éric Zemmour.
Jordan Bardella évoque un moment grave pour la démocratie
Dans son allocution, Jordan Bardella a eu recours à un discours empreint « de résistance », décrivant la condamnation subie par Marine Le Pen comme une volonté visant à réduire au silence une voix importante dans le paysage politique français. Il a déclaré : « Ils voulaient éteindre une voix, mais ils ont réveillé le peuple français ».
Soulignant ce qu’il considère comme une gravité particulière pour la démocratie actuelle, il n’a cependant pas mis en cause frontalement l’intégrité judiciaire mais a mentionné certaines organisations supposées influencer les décisions judiciaires.
Marine Le Pen balance son discours sur l’injustice judiciaire
Du meeting, Marine Le Pen s’est exprimée avec force contre ce qu’elle estime être une décision politique inacceptable bafouant les principes démocratiques : « Il faut arrêter de nous reprocher nos critiques envers cette décision ; ce n’est pas justice mais bien un acte politique ». Elle n’a pas hésité non plus à faire valoir que Nicolas Sarkozy avait subi un traitement similaire avec concernant sa peine estimée même supérieure à celle infligée aux trafiquants de drogue. Elle s’est présentée comme défenseur acharnée des valeurs démocratiques tout en insistant sur le respect nécessaire envers ceux qui œuvrent au sein du système judiciaire tant qu’ils demeurent impartiaux.
Contre-manifestations organisées par La France Insoumise
Parallèlement au meeting pro-Le Pen, s’est tenue une contre-manifestation organisée par La France Insoumise rassemblant environ 3 000 personnes place de la République. Manuel Bompard y a rapidement déclaré : « Un parti violent menace jusqu’aux juges quand leurs décisions ne leur conviennent pas ». À Saint-Denis, plusieurs figures politiques telles que Gabriel Attal ou François Bayrou se sont réunies ensemble pour marquer cette opposition ferme face à l’extrême droite. Comme dernier point positif, Emmanuel Macron fût également présent, reprenant fermement son appel à aller au-delà d’une simple résilience face aux extrêmes.