La condamnation de Peter Sullivan pour meurtre annulée après 38 ans de prison

Un homme injustement condamné regagne sa liberté après 38 ans en prison

Peter Sullivan, un Britannique de 68 ans, a vu sa condamnation pour meurtre annulée ce mardi après près de quatre décennies passées derrière les barreaux. Les nouvelles preuves médico-légales ont démontré que l’ADN trouvé sur la scène du crime ne correspondait pas au sien. Ce revirement met en lumière le problème persistant des erreurs judiciaires au Royaume-Uni.

La condamnation de Peter Sullivan pour meurtre annulée après 38 ans de prison

Une erreur judiciaire marquante

Peter Sullivan avait été emprisonné pour le meurtre de Diane Sindall, une jeune femme de 21 ans, agressée mortellement à Birkenhead dans le Merseyside en août 1986. Le corps de Mme Sindall avait été découvert avec des blessures graves, causées par plusieurs coups ayant entraîné une hémorragie cérébrale.

Sullivan a toujours protesté son innocence. Après avoir initialement avoué le meurtre puis retiré son aveu, il a tenté à plusieurs reprises d’obtenir un réexamen de son dossier. En 2008 et encore en 2019, ses demandes avaient été rejetées.

L’impact des tests ADN

Les récents développements sont dus aux progrès technologiques qui ont permis de tester des échantillons prélevés lors de l’enquête originale. La Commission de révision des affaires pénales (CRPC) a finalement agi sur ces éléments et découvert qu’il n’y avait aucune correspondance entre l’ADN trouvé sur la scène et celui de M. Sullivan.

Timothy Holroyde, juge présidant l’audience d’appel, a déclaré : « À la lumière de ces éléments de preuve, il est impossible de considérer la condamnation de l’appelant comme sûre ». Il a ainsi ordonné la libération immédiate et conditionnelle de Sullivan.

Réactions et implications

Apparaissant par vidéo depuis sa cellule à Wakefield, Peter Sullivan s’est effondré en larmes en entendant qu’il serait libre. Dans un communiqué lu par son avocate Sarah Myatt, il a exprimé : « Ce qui m’est arrivé était très erroné. Je suis tout simplement impatient de retourner à mes proches ».

Cette décision ravive les préoccupations concernant la fiabilité du système judiciaire britannique. James Burley d’un organisme caritatif impliqué dans le cas Malkinson – également exonéré récemment après avoir purgé 17 ans pour viol – a déclaré que cette annulation prouve que « notre système d’appel actuel ne peut être fait confiance pour identifier rapidement et rectifier les défauts ».

La police du Merseyside continue d’enquêter sur le meurtre non résolu de Diane Sindall et affirme que plus de 260 hommes ont déjà été éliminés comme suspects depuis l’ouverture récente du dossier.

Le surintendant Karen Jaundrill souligne : « Nos pensées restent avec la famille et les amis de Diane Sindall qui continuent à pleurer sa perte… Nous nous engageons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour trouver qui appartient l’ADN laissé sur les lieux ».

Cette affaire soulève donc des questions profondes quant aux mécanismes d’erreurs judiciaires au Royaume-Uni alors que certaines vérités commencent enfin à émerger près quarante ans plus tard.