Chapô : Charles III et le pape Léon XIV ont célébré une liturgie œcuménique au Vatican, marquant un rapprochement symbolique entre l’anglicanisme et le catholicisme. Ce premier rassemblement public de prière du roi britannique et d’un pontife romain s’inscrit dans un contexte d’urgence climatique.
Une histoire mouvementée
Le 23 octobre 2025, au Vatican, Charles III, âgé de 76 ans, et le pape Léon XIV ont pris part à une cérémonie spirituelle inédite. Là où la théologie avait divisé en 1534, c’est l’écologie qui réussit à réunir les traditions religieuses. Bien qu’Elizabeth II ait été la première monarque britannique à se rendre au Vatican depuis le schisme anglican en 1961, il a fallu attendre cette année pour qu’une célébration commune soit enfin organisée.
La rupture historique entre les deux confessions débuta avec Henri VIII, qui demanda son droit de divorcer. Des siècles plus tard, un roi d’Angleterre divorcé et remarié prie aux côtés d’un souverain pontife romain sur des questions environnementales cruciales.
Cette liturgie a été conçue par Charles III lui-même ; initialement planifiée pour durer 45 minutes, elle ne s’est finalement déroulée que pendant 25 minutes. Le souverain est connu comme un écologiste engagé depuis les années 1970, défendant les causes de l’agriculture biologique et de la biodiversité longtemps avant que ces sujets prennent une ampleur mondiale.
Un pont jeté entre Rome et Canterbury
En face du roi, le pape Léon XIV, premier pontife américain dans l’histoire du Vatican, a continué l’œuvre écologique entreprise par son prédécesseur François. Cette réunion coïncidait avec le dixième anniversaire de la publication de l’encyclique « Laudato Si’ », qui a renforcé le rôle du Vatican comme leader dans la cause environnementale mondiale.
L’événement marqua une harmonie entre traditions catholiques et anglicanes : la chorale de la chapelle Sixtine chanta aux côtés de celle de Saint-Georges à Windsor. Ensemble ils célèbrent ainsi “la beauté de la Création menacée”. L’hymne d’ouverture tirée du texte de saint Ambroise dans sa traduction anglaise par saint John Henry Newman symbolisait ce lien spirituel renforcé, Newman étant autrefois anglican avant sa conversion au catholicisme.
À l’issue des prières collectives, Charles III et Léon XIV ont eu une rencontre privée avec des membres du Mouvement Laudato Si’, des entrepreneurs écosensibles ainsi que des experts des Nations Unies sur enjeux écologiques.
Un geste inédit accompagna cet événement ; en dehors du protocole traditionnel, le pape raccompagna personnellement Charles III et Camilla jusqu’à leur voiture avant leurs adieux formels.
Dans ce nouvel épisode historique pour les Églises chrétiennes autour d’enjeux culturels communs majeurs, Charles III et Léon XIV démontrent comment « la défense environnementale devient ainsi un symbole réconciliateur » .