Volonté et houx alpine : Un couple quitte Microsoft pour dénoncer les liens avec l’industrie pétrolière
- Will et Holly Alpine ont quitté Microsoft pour protester contre ses liens avec l'industrie pétrolière.
- Ils dénoncent la contribution de l'entreprise à la hausse des émissions de carbone, notamment via l'IA.
- Après leur départ, ils ont lancé une campagne activiste pour encourager les entreprises technologiques à agir contre le changement climatique.
- Ils soulignent que le contexte politique actuel freine les efforts pour lutter contre le réchauffement.

Will et Holly Alpine, anciens employés de Microsoft, ont démissionné récemment pour protester contre le rôle de l’entreprise dans l’amélioration des performances de la production de combustibles fossiles via ses technologies d’intelligence artificielle. Cette décision intervient après plusieurs années où le couple a tenté, en vain, d’interpeller leur employeur sur ces questions environnementales.
Un choix difficile
Dès 2024, Will et Holly Alpine ont pris la difficile décision de quitter leurs postes respectifs au sein des divisions IA et durabilité de Microsoft. Selon Will, cette période a été « la plus ambitieuse et la plus difficile » de leur vie. Holly a souligné qu’ils avaient réalisé qu’ils pourraient faire plus en allant à l’extérieur : « Nous avons fait tout ce que nous pouvions de l’intérieur », ajoutant qu’il fallait désormais agir depuis l’externe.
Leur départ s’est accompagné d’importants changements économiques, notamment une réduction drastique du coût de la vie. En tant que végétaliens habitués à un mode de consommation économique basé sur des aliments tels que le riz et les haricots, ils se sont adaptés à cette nouvelle réalité sans enfant. « Nous avons décidé. sinon nous, qui ? » a déclaré Holly.
Les préoccupations environnementales
Au cours de leurs dernières années chez Microsoft, les Alpines avaient exprimé leurs craintes concernant les impacts négatifs des technologies développées par l’entreprise sur l’environnement. En effet, entre 2020 et 2024, les émissions globales de carbone du géant technologique auraient crû de 23,4% selon leurs propres données. Ces chiffres ne tiennent pas compte des émissions supplémentaires générées par leur collaboration avec l’industrie pétrolière.
L’entreprise avait déjà annoncé en 2019 son intention d’augmenter sa production galopante grâce à un partenariat avec ExxonMobil, visant une extension importante des ressources fossiles : « Cela comporte jusqu’à 50 000 barils équivalents pétrole par jour d’ici 2025 ».
Lancement d’une campagne activiste
Après avoir quitté leur poste chez Microsoft, Will et Holly Alpine ont fondé la campagne émissions activées afin d’attirer l’attention sur ces problématiques. L’objectif est clair : inciter les entreprises technologiques à ne plus faciliter le problème climatique tout en prétendant y remédier.
« Les grandes entreprises devraient cesser… elles doivent également tracer des lignes claires dans le sable », insiste Will concernant les contrats affectant directement les émissions liées aux combustibles fossiles.
La collecte de fonds pour soutenir leur action a pourtant rencontré quelques obstacles alors que beaucoup ignorent encore totalement ce combat écologiste potentiel.
Une réflexion posée
Les ex-employés expriment aussi que le climat politique actuel complique davantage le débat autour des questions climatiques. À propos du second mandat Trump, Will remarque un recul significatif dans les engagements climatiques auxquels il aurait fallu faire face lors de leur temps chez Microsoft : « Il n’y avait pas eu vraiment d’engagements forts lorsque Trump a retiré les États-Unis du climat ».
Holly conclut en indiquant son espoir quant aux capacités potentielles que pourrait offrir leur initiative pour réorienter MS vers une stratégie réellement verte : « Microsoft ne peut pas prétendre vouloir être négatif en carbone tout en maintenant ces relations étroites ».
Ce combat pourrait largement influencer non seulement Microsoft mais aussi toute une industrie technologique déjà bien partie prenante dans le secteur énergétique traditionnel.